


Les salles d'un grand musée vivent au rythme des mouvements d'oeuvres. Nouveaux accrochages, acquisitions récentes, retours de prêt, restaurations, associations inédites, dépôts… Par petites touches, où à l'occasion de transformations plus importantes, la présentation des collections évolue en permanence. Retrouvez régulièrement sur cette page les principales informations concernant les changements dans les galeries du musée d'Orsay, les nouveautés à découvrir…
Salle 2
La seconde salle est consacrée aux peintres académiques ayant contribué à réformer profondément la peinture d'histoire sous le Second empire, à la fois par une précision archéologique inédite et par quelques emprunts à l'esthétique réaliste : Léon Bénouville, Emile Lévy et principalement Jean-Léon Gérôme.
Les sculptures d'Antoine-Louis Barye pour le palais des Tuileries et d'autres commandes officielles permettent de mesurer la diversité et l'inventivité de l'art dit "académique".
Salle 3
La troisième section est consacrée au triomphe du nu féminin mythologique. Ce genre hérité de la Renaissance vénitienne connaît ses derniers chefs-d'oeuvre dans les années 1860 et 1870 grâce à Paul Baudry, Alexandre Cabanel et William Bouguereau.
La naissance de Vénus est à ce titre devenu le sujet emblématique de la peinture académique, au point de cristalliser la détestation des avant-gardes. La salle accorde une place d'honneur au peintre William Bouguereau, pour lequel le musée d'Orsay a bénéficié d'une importante dation en 2009.
Au rez-de-chaussée, l'accrochage de la nouvelle galerie symboliste vient d'être renouvelé avec notamment la présence de deux importantes acquisitions récentes : L'Expulsion du Paradis du peintre allemand Franz von Stuck (1863-1923) et La Sorcière au chat noir de Paul Ranson (1861-1909).
Dans le premier tableau, Stuck s'empare d'un célèbre épisode biblique, Adam et Eve chassés du jardin d'Eden, qu'il représente dans une composition dépouillée mettant en évidence les émotions humaines. Caractéristique du symbolisme fin de siècle par sa sophistication et sa dimension morale, L'Expulsion du Paradis constitue également un jalon historique important vers l'art contemporain puisque Vassily Kandinsky, élève de Stuck au début du XXe siècle, s'en inspire dans son Etude pour improvisation 8 (1909), l'une des étapes qui le mèneront à l'abstraction.
De 1891 jusqu'à la fin de sa vie, Paul Ranson réalise une série d'oeuvres ésotériques dans lesquelles la figure de la sorcière revient régulièrement. Entourée de symboles cabalistiques et d'ombres chinoises, cette Sorcière au chat noir, demeure mystérieuse. On ne sait si les formes qui l'entourent représentent ses pouvoirs maléfiques, ou si elle est assaillie par des cauchemars. La composition correspond parfaitement aux principes esthétiques Nabis - arabesques, cernes, aplats de couleurs, synthétisme - et rappelle le goût du groupe pour les formes décoratives.
Depuis sa création en 1980, la Société des Amis du Musée d'Orsay n'a cessé de participer activement à l'enrichissement des collections. Cette association a une nouvelle fois fait preuve de son immense générosité à l'occasion des 25 ans du musée en faisant don des Bûcherons, une huile sur bois d'Honoré Daumier peinte vers 1855.
Cette esquisse est étroitement liée à une huile sur toile de Jean-François Millet, Les Scieurs de long (Londres, Victoria and Albert Museum), dont elle reprend, à quelques détails près, la composition. Elle constitue donc un témoignage précieux de la proximité entre les deux artistes aux alentours de 1850, alors qu'ils se côtoient à Paris et à Barbizon.
Les Bûcherons sont désormais exposés dans la salle 4, consacrée à Daumier, et peuvent être mis en relation avec La Blanchisseuse qui, elle aussi, met en scène des représentants de la classe ouvrière que le peintre étudie dans les années 1850-1860.
S'il est exposé au musée de l'Orangerie, Pablo Picasso ne fait pas partie des artistes habituellement présentés dans les salles des collections permanentes du musée d'Orsay. Ce dépôt d'un tableau venu d'une collection privée est donc un évènement majeur, tant par la qualité de l'oeuvre que par sa résonnance avec les toiles qui l'entourent.
Accrochée dans la salle consacrée à la vie parisienne (rez-de-chausssée, salle 10) La Buveuse d'absinthe (1901) côtoie les scènes de divertissement, bals, maisons closes, les portraits de Toulouse-Lautrec, Boldini ou Anquetin et apporte un nouveau témoignage de la fascination qu'excerce le milieu bohème de la capitale française sur de nombreux peintres de la fin du XIXe siècle. C'est aussi l'occasion unique pour les visiteurs de porter un regard croisé entre cette buveuse d'absinthe de Picasso et celle de Degas accrochée dans la galerie impressionniste.
Au rez-de-chaussée du musée d'Orsay, le fond de la galerie Seine est consacré aux peintures de Salon, des oeuvres qui connurent le succès à l'occasion d'une de ces grandes expositions annuelles organisées par l'académie des Beaux-arts. Pour son envoi au Salon de 1879, Lucien Mélingue choisit un épisode des conflits politiques qui agitèrent la France durant la Guerre de Cent ans (1337-1453).
Le 22 février 1358, Etienne Marcel, le prévôt des marchands de Paris, envahit le palais de la Cité à la tête d'une foule de 3000 personnes afin de défendre les intérêts de la bourgeoisie commerçante contre la politique du dauphin Charles (1338-1380) - futur Charles V -, en charge la régence du royaume depuis que son père, Jean II Le Bon, a été fait prisonnier par les anglais en 1356. Sous le regard effrayé du jeune homme, le maréchal de Champagne et le maréchal de Normandie sont assassinés par les émeutiers. Mélingue représente l'instant où Etienne Marcel sauve la vie de l'héritier du trône en échangeant symboliquement leurs deux chapeaux. Le dauphin se retrouve ainsi paré des couleurs de la ville de Paris - rouge et bleu -, tandis que le prévôt, arborant la fleur de lys, s'affirme garant du pouvoir royal.
Acquis par l'Etat, le tableau est d'abord exposé au musée du Luxembourg, puis au Louvre, avant d'être déposé durant de longues années au musée de Beaune.
Au sein des collections du musée d'Orsay, il constitue aujourd'hui un très bel exemple de cette peinture d'Histoire tant appréciée par le public du XIXe siècle.