Cabinets d'architecture

Un américain à Paris : dessins de la collection Neil Levine

Salles 17 et 21

Félix DubanA Pompeia© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
En 2013, l'historien de l'architecture américain Neil Levine donnait, grâce aux American Friends du musée d'Orsay, sa collection de dessins relatifs à l'architecture française du XIXe siècle.
Constitué entre 1968 et la fin des années 1970, à une époque où celle-ci était déconsidérée, cet ensemble témoigne de son regard pionnier.

Spécialiste d'Henri Labrouste, l'architecte de la bibliothèque Sainte-Geneviève (1850) et de la salle de lecture de la bibliothèque impériale (1868), Neil Levine a constitué une collection qui s'articule autour de deux axes reflétant ses intérêts d'historien : les innovations des architectes de la période romantique, dont Labrouste fut un des plus célèbres représentants, et la formation architecturale de l'Ecole des beaux-arts, que Labrouste contribua à faire évoluer.

Cette collection présentée dans son intégralité est ici accompagnée de quelques dessins issus du reste des collections du musée d'Orsay dont la constitution a débuté ultérieurement dans un esprit analogue.

Jean Baptiste LassusToit de la cathédrale de Chartres© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Romantisme architectural

Neil Levine fut un des premiers à démontrer qu'Henri Labrouste fut davantage qu'un pionnier de l'architecture métallique.
A l'époque où le scandale suscité par Hernani de Victor Hugo (1830) cristallisait l'opposition des Romantiques à la tradition littéraire classique, celui-ci fut le chef de file d'une génération qui ébranla les idéaux néoclassiques défendus par l'Académie en portant un regard novateur sur les modèles historiques et la dimension symbolique de l'architecture.

Dans la collection de Neil Levine, des oeuvres pré-romantiques - de Jean François Le Geay, le professeur d'Etienne Louis Boullée, à Gustav Friedrich Hetsch, un élève de Charles Percier - illustrent l'importance dans cette évolution de l'héritage des Lumières, tandis que des études réalisées en Italie par les architectes de la génération d'Henri Labrouste révèlent les nouvelles références qu'ils y puisèrent.

Les aquarelles de Jacques Ignace Hittorff, de Jean-Baptiste Lassus, de Félix Duban et de son élève Charles Questel, illustrent magistralement la nouvelle façon de concevoir l'architecture qui en est issue, sensible et polychrome.

AnonymeCoupe longitidinale sur une villa© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

L'Ecole des beaux-arts

En 1975, le Museum of Modern Art consacra une exposition aux dessins issus de l'enseignement architectural de l'Ecole des beaux-arts. La collection de Neil Levine, qui y fut étroitement associé, témoigne de son intérêt pour cette institution.
Outre des projets pour les concours qui constituaient l'épine dorsale de cette formation, les recueils d'études provenant de l'architecte Edouard Villain pendant son séjour à l'Ecole (1846-1854) rendent concrets l'enquête méthodique menée par les élèves pour associer, suivant la leçon de l'éclectisme, les meilleures solutions testées par leurs aînés.

Les dessins de l'architecte Henri Mayeux, professeur de composition décorative à l'Ecole des beaux-arts, témoignent du renouvellement de l'enseignement proposé à la fin du XIXe siècle, suite à la remise en cause du rapport traditionnel entre ornement et structure initié par Henri Labrouste à la bibliothèque Sainte-Geneviève.
Les études réalisées par l'architecte Gabriel di Martino lors de sa formation à l'Ecole d'architecture de Columbia et à la Society of Beaux-Arts Architects (1912-1916), illustrent l'adaptation aux Etats-Unis des principes pédagogiques de l'Ecole des beaux-arts et constituent un symbole des fructueux échanges culturels unissant la France et les Etats-Unis.

Au Balcon

Fond de nef

Dessin d'architecture
AnonymeHôtel des journaux officiels© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
L'immeuble parisien se singularise dans la seconde moitié du XIXe siècle par une réglementation stricte le contraignant en hauteur, en emprise au sol ainsi qu'en ornementation. Le balcon, qui permet de profiter du "dehors" depuis son appartement, est un élément décoratif et fonctionnel qui a aussi une signification sociale. En effet, dès la fin de la Monarchie de Juillet, le balcon occupe soit l'étage noble, le premier étage, sur lequel donnent les pièces de réception, soit le dernier étage d'où l'on peut profiter de la lumière et de l'air.

Au cours du Second Empire, le balcon se propage à tous les niveaux, perdant sa fonction sociale. La typologie est variée : balcon filant, balconnet, garde-corps et, à partir des années 1890, le bow-window, sorte de balcon fermé. L'égalisation des niveaux de l'immeuble est alors atteinte, faisant disparaître, de fait, la mixité sociale. La ferronnerie d'ornement a délaissé le fer forgé du XVIIIe siècle au profit de la fonte moulée offrant des combinaisons de motifs répétitifs.

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