Musée d'Orsay: Dessins d'architecture et arts graphiques

Dessins d'architecture et arts graphiques

La naissance du style Guimard

Dessins d'architecture et objets d'art de la collection du musée d'Orsay

Salles 17 et 21

Dessin d'architecture
Hector GuimardBeaux-arts : concours 1ère classe, Une salle de billard© RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Franck Raux
Le musée d’Orsay conserve depuis 1995 l'important fonds de dessins (plus de 2 000) qui avait été déposé par l'architecte dans l'orangerie du domaine de Saint-Cloud en 1918 et sauvé in extremis de la destruction en 1968 par l'Association d'étude et de défense de l'architecture et des arts décoratifs du XXe siècle.
Depuis Hector Guimard a fait l'objet d'une importante réhabilitation qui a mis en évidence l'importance du caractère abstrait de son vocabulaire ornemental pour la naissance de l'Art moderne.

A l'occasion du cent-cinquantième anniversaire de la naissance d'Hector Guimard, le musée d'Orsay propose de revenir sur la formation de cet architecte emblématique de l'Art nouveau en présentant une sélection de dessins relatifs à ces années de formation à l'Ecole des arts décoratifs puis à l'Ecole des beaux-arts (1883-1893). Ceux-ci permettent de mieux comprendre la complexité des sources qui, avant la découverte en 1895 de l'architecture de Victor Horta, constituèrent le creuset du célèbre style Guimard.

La formation de Guimard

Après un brillant passage à l'Ecole des arts décoratifs (1883-1885) où il fut sensibilisé au rationalisme gothique de Viollet-le-Duc, Guimard passa douze années à l'Ecole des beaux-arts (1885-1897), où il échoua à remporter le prix de Rome, la plus prestigieuse récompense de l'école. Son esprit contestataire lui valut même d'être surnommé par les autres élèves le "Ravachol" de l'architecture. Les dessins conçus par Guimard dans le cadre des concours mensuels de l'Ecole des beaux-arts révèlent en effet de quelle façon le jeune architecte a su renouveler cet exercice traditionnel grâce à une mise en page originale, une certaine exubérance ornementale et liberté graphique. Mais l'Ecole des beaux-arts était elle-même en pleine évolution, ainsi que l'illustrent des dessins de Louis Pille et Louis Boille, deux architectes quasiment contemporains de Guimard. Désireux de subvenir lui-même à ces besoins, ce qui peut expliquer le relatif insuccès de ces années d'étude, le jeune architecte enseignait parallèlement la perspective à l'Ecole des arts décoratifs, formant de nombreux élèves, à l'instar du jeune décorateur Emile Bernaux dont un ensemble de dessins est présenté.

Vers l'Art nouveau

"S'il n'avait été élevé par Guimard, mériterait-il que l'on s'y arrêtât ?" ainsi Maurice Rheims écrivait-il à propos de l'hôtel Delfau construit en 1894. Sa remarque pourrait être généralisée à la faible attention accordée aux débuts d'Hector Guimard. Les dessins de cette période présentés dans ce cabinet autour du porte parapluie du même hôtel ont en effet été largement délaissés car, à première vue, rien ne laisse transparaître la modernité du style Guimard à venir. Exigeante et centrée sur le dessin, sa formation fut fondatrice pour l'établissement du style du jeune Guimard. Sous couvert des programmes convenus des concours d'émulation ou de ses premières tentatives professionnelles, tels que les villas, les édifices publics ou religieux, le vocabulaire renouvelé et la ligne dynamique et abstraite s'affirment. Si ses dessins d'école s'assagissent parfois, dans le domaine de l'architecture privée en revanche, ses oeuvres dévoilent un premier style, en rupture par son originalité esthétique, mais dont le syncrétisme réunissant néogothique, fonctionnalisme et polychromie en font une étape vers l'affirmation de sa posture dans le mouvement Art Nouveau.

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Couronnements : Monduit mode d'emploi

Fond de nef

dessin
Maison MonduitFaîtage de toiture comportant un épi de faîtage orné d'une couronne© RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Stéphane Maréchalle
La technique de la plomberie d'art consiste à marteler une feuille de plomb ou de cuivre pour réaliser des décors de couverture formant couronnement. C'est en 1860 que la Maison Monduit voit le jour avec Honoré (1824-1893) qui, en reprenant l'entreprise du fontainier-plombier Durand, se spécialise dans l'ornementation architecturale des monuments historiques. Il s'associe la même année à Auguste Béchet, entrepreneur. Ensemble, ils collaborent avec les plus grands architectes du moment : Viollet-le-Duc (Notre-Dame), Lefuel (Le Louvre), Garnier (Opéra).

En 1872, Honoré Monduit s'associe à Gaget et Gauthier, dans le cadre notamment de la réalisation de la statue de la Liberté (par Bartholdi, avec Eiffel) et accompagne son fils Philippe (1857-1909) dans la création d'une nouvelle entreprise. Ce dernier, avec Jules Mesureur, amplifie la production d'ornements de couverture : épis de faîtage, poinçons, crêtes, statues.

L'oeuvre la plus emblématique, visible dans les galeries du musée, est L'archange Saint-Michel par Frémiet destiné au Mont-Saint-Michel. L'entreprise Monduit a cessé son activité en 1970. A cette date, puis en 1983 et en 2000, la donation Pasquier-Monduit permit l'entrée dans les collections nationales respectivement des répliques sculptées (Château de Pierrefonds) et des dessins et photographies (musée d'Orsay) du fonds d'atelier. Celui-ci est exceptionnel car représentatif d'un métier d'art méconnu, situé aux frontières de l'architecture et de la sculpture, et d'une entreprise d'excellence.

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