Petite revue des Expositions universelles de 1851 à 1900

La promotion des produits de l'industrie

Joseph PaxtonProjet pour le palais du Champs de Mars de l'exposition universelle de 1867© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Les expositions universelles, qui pourront être "internationales" à partir de 1928, sont, à l'origine, des manifestations consacrées à la mise en valeur des industries de leur production, à la gloire du progrès.

Celle de Londres, en 1851, est la première exposition de ce type. Elle marque les esprits par l'architecture qui l'accueille, le Crystal Palace conçu par Joseph Paxton. Il s'agit d'une vaste nef de verre et de métal que l'architecte reprend dans un projet pour l'exposition parisienne de 1867.

Dessin
Owen JonesProjet d'un palais de cristal dans le parc de Saint-Cloud, vue intérieure© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / DR
Owen Jones, qui a participé à la construction du Crystal Palace, a également dessiné, en 1860-61, un projet dans le même esprit pour une exposition permanente des arts de l'industrie à Saint-Cloud.

Les expos U en France

Max Berthelin (1811-1877) Palais de l'industrie, coupe transversale 1854 Plume et encre, aquarelle H. 31,1 ; L. 67,3 cm Paris, musée d'Orsay
Max BerthelinPalais de l'industrie, coupe transversale© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
La France ouvre une série d'expositions universelles à partir de 1855 dont la périodicité de 11 ans (1855, 1867, 1878, 1889 et 1900) s'impose implicitement. Cette périodicité est indispensable pour des rencontres d'une telle ampleur. L'Exposition universelle de 1855 réunit pour la première fois les industries et les Beaux-Arts.

Le métal est de plus en plus prédominant dans les pavillons construits à l'occasion de ces manifestations. C'est ce que nous montre l'étude de Max Berthelin pour le Palais de l'Industrie qui sera finalement construit par Viel et Barrault le long des Champs-Elysées.

Une démonstration politique

Alfred VaudoyerExposition universelle de 1878 : façade des Etats d'Amérique centrale et méridionale© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Le message de ces expositions est avant tout d'ordre politique. La glorification des nations passe par l'édification de bâtiments aux styles représentatifs du pays qui exposent des objets produits sur place, le tout organisé et payé par le pays participant.
Parfois pourtant, les organisateurs de l'exposition doivent prendre en charge la représentation de certaines zones géographiques. C'est le cas pour la rue des Nations de l'exposition de 1878 et, particulièrement, pour les pavillons d'Amérique centrale et méridionale, dessinés par l'architecte français (ou parisien) Léon Vaudoyer.

Des manifestations commémoratives

Gustave EiffelProjet pour l'exposition de 1889© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Le prétexte d'une exposition universelle relève le plus souvent d'une commémoration : 1893, à Chicago en souvenir de Christophe Colomb ; 1915, à San Francisco pour fêter l'ouverture du canal de Panama. En France, le centenaire de la Révolution française est l'occasion de l'exposition de 1889, symbolisée à jamais par la construction d'une tour de 300 mètres par Gustave Eiffel.

Eugène Hénard et Edmond PaulinExposition universelle de 1900, palais de l'Electricité© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Le triomphe de l'électricité en 1900 est l'occasion de magnifier les pavillons d'exposition, qui, la nuit venue, deviennent exactement féériques. Le palais de l'électricité de Edmond Paulin et Eugène Hénard, à la fois fonctionnel et décoratif, résume à lui seul la portée emblématique des ces expositions.

Qu'en reste-t'il ?

Louis Pille (1868-1899)
 Exposition universelle de 1900, projet pour le Grand Palais
 1894
 Crayon, mine de plomb, aquarelle
 H. 37,5 ; L. 105 cm
Louis Pille Exposition universelle de 1900, projet pour le Grand Palais© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
L'équilibre financier des expositions se doit d'être assuré par la pérennité de certains bâtiments. A Paris, le Grand et le Petit Palais (respectivement par Thomas Deglane et Charles Girault) ont été conservés comme lieux d'expositions. De multiples exemples se retrouvent à l'étranger comme le South Kensington museum d'histoire naturelle, à Londres (exposition de 1862).

Auguste PateyExposition universelle de Lyon© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais
Afin de récompenser les exposants, des médailles et des prix étaient décernés qu'arboraient ensuite les heureux gagnants dans leur boutique ou leur entreprise.

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