Paul Signac
Rue Vercingétorix

Rue Vercingétorix
Paul Signac (1863-1935)
Rue Vercingétorix
1885
Crayon Conté sur papier
H. 21,7 ; L. 31 cm
© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Michèle Bellot

Rue Vercingétorix


A l'exemple de Seurat, le jeune Signac dessine au crayon Conté et exécute des dessins sans trait, où le noir et le blanc sont traités en zones d'ombre et de lumière. Liés aux premiers temps du néo-impressionnisme, ces dessins sont des oeuvres à part entière et non des études préparatoires. Leur thématique, qui privilégie les banlieues urbaines et les bords de Seine, est comparable à celle des écrivains naturalistes et symbolistes que Signac fréquente alors.

La Rue Vercingétorix évoque précisément un lieu littéraire : le quartier dans lequel habitent les héroïnes du roman de Huysmans, Les soeurs Vatard, publié en 1879. Pour représenter cette rue, qui longe la voie de chemin de fer de l'Ouest aux confins des XIVe et XVe arrondissements de Paris, Signac reste proche des mots de l'auteur évoquant la "large traîne de bâtisses noires" et "la détresse lamentable des anciennes banlieues". La perspective fuyante et vide exprime la désolation du paysage suburbain, un flot de vapeur suggère le vacarme du train qui passe, le personnage solitaire se détourne...
Une annotation au bas de la page, Dessin pour les "Soeurs Vatard" de J. K. H., laisse croire que cette oeuvre était à l'origine destinée à servir d'illustration pour le roman. Cela ne sera jamais le cas, sans doute parce que Signac et Huysmans se brouillent à la suite de la "Chronique d'art" publiée par ce dernier dans La Revue indépendante en avril 1887. Huysmans y critique assez sévèrement la technique néo-impressionniste, inadaptée selon lui à la représentation humaine.




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