Camille Corot
Une matinée, danse des nymphes

Une matinée. La danse des nymphes.
Camille Corot (1796-1875)
Une matinée. La danse des nymphes.
1850
Huile sur toile
H. 98 ; L. 131 cm
© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

Une matinée, danse des nymphes


Au milieu du XIXe siècle, les peintres de Barbizon, dont Corot est proche, ne jugeaient plus nécessaire de se référer à des sujets antiques pour justifier leur intérêt pour la nature. Dans Une matinée, danse des nymphes, le rideau d'arbres qui isole les personnages du fond agit à la manière d'un rideau de scène et évoque un ballet d'opéra, ambiguïté à laquelle participe le titre dont le terme "matinée" peut être une allusion aux représentations en journée, par opposition aux "soirées".

Le traitement velouté et floconneux des feuillages, si spécifique de Corot, témoigne du déplacement de l'intérêt de l'artiste de la scène aux éléments naturels, à l'atmosphère du paysage, aux nuances de la lumière et à ses douces vibrations. Néanmoins, la marque de la tradition classique reste présente chez Corot tant dans la survivance de sujets mythologiques que dans la nette distinction entre étude "sur nature" et tableau achevé d'atelier. Le paysage a beau tenir une place importante, il reste cependant le cadre d'une scène imaginaire : une bacchanale. Mais l'héroïsme lyrique n'est plus une valeur dominante dans la société bourgeoise du XIXe siècle et les déesses ne font guère qu'animer le théâtre de la nature. En fait, le tableau résulterait du "collage" de deux souvenirs distincts : d'une part celui des jardins de la Villa Farnèse à Rome, de l'autre celui d'un ballet à l'Opéra - d'où l'ambiguïté du titre.




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