Edouard Manet
La dame aux éventails

La dame aux éventails
Edouard Manet (1832-1883)
La dame aux éventails
1873
Huile sur toile
H. 113,5 ; L. 166,5 cm
© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

La dame aux éventails


Avec ce tableau de 1873, Manet clôt une longue série de "dames sur canapé". Son modèle est Nina de Callias (1844-1884), une femme fantasque, alternativement exaltée et neurasthénique, d'un tempérament névrotique que l'alcool conduit bientôt à la folie et à une mort prématurée à trente-neuf ans. De son vrai nom Marie-Anne Gaillard, également dite Nina de Villard, elle est paradoxalement connue sous le nom d'un époux très transitoire, Hector de Callias, écrivain et journaliste au Figaro.

A l'époque de ce portrait, Nina est âgée d'à peine trente ans et tient un des salons littéraires et artistiques les plus brillants de Paris. Elle pose dans un de ses costumes "à l'algérienne" qu'elle aime porter pour recevoir. La tenture du fond est celle d'un des murs de l'atelier du peintre. On la retrouve dans Mallarmé (musée d'Orsay) et dans Nana (Hambourg, Kuntshalle). Le choix des éventails ne semble pas avoir un but emblématique. En les épinglant autour de Nina, Manet ne vise qu'à créer un décor devenu presque banal : Whistler, Tissot ou Renoir ont déjà eu recours au même procédé. Ces objets permettent en outre d'évoquer le bric-à-brac japonisant du petit hôtel particulier qu'habite le modèle.

Faut-il voir, dans ce tableau un écho de l'Olympia peint dix ans auparavant ? C'est peu probable. Si les deux figures, sont allongées, appuyées sur un bras, avec un animal à leur pied (ici un petit chien griffon), tout les sépare, tant le style, la touche, que l'esprit. Le visage, en particulier, est un des plus expressifs de Manet. Il dit l'amusement, la complicité, la curiosité aussi, avec un rien de mélancolie et d'égarement.

Dossier Manet




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