Gustave Courbet
Hector Berlioz

Hector Berlioz
Gustave Courbet (1819-1877)
Hector Berlioz
1850
Huile sur toile
H. 61 ; L. 48 cm
© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski


Berlioz

Hector Berlioz


C'est grâce à l'intermédiaire de Francis Wey, grand ami du musicien, que Berlioz vient poser en 1850 dans l'atelier de Courbet. Ce dernier se réjouit sans doute d'une telle opportunité. Berlioz, alors âgé d'environ quarante-cinq ans, joue un rôle important sur la scène artistique et est proche de Victor Hugo, que Courbet admire. L'entrevue est pourtant manquée. Berlioz est un homme secret et ombrageux. Courbet quant à lui se pique de musique, et il profite de la présence du compositeur pour faire la démonstration de ses talents de chanteur. "Au cours des poses, rapporte Georges Kial, [Courbet] s'avisa de chanter ses chansons, "informes mélopées" [...] et de les lui proposer comme modèles à la musique populaire. Berlioz se crut d'abord berné; puis, voyant qu'il n'en était rien, il le prit pour un idiot". On ne sait pas si c'est à cause de cet agacement que Berlioz refuse le portrait une fois celui-ci achevé.

L'oeuvre s'inscrit dans la tradition picturale en privilégiant un fond sombre sur lequel se détache le visage. Il puise aussi dans l'imaginaire romantique, mélancolique, du musicien. Mais, il faut en convenir, Courbet ne donne pas une image flatteuse du compositeur. Celui-ci fait beaucoup plus vieux que son âge ; le peintre n'a guère d'égards pour son visage amaigri. Fidèle à ses principes, Courbet prend "la vérité sur la tête du modèle", sans chercher à donner au corps sec de Berlioz l'emphase de ses oeuvres. Dans une photographie plus tardive, Nadar, au contraire, construit un portrait monumental de Berlioz en recourant à l'artifice d'un large et épais manteau.

Malgré tout Courbet garde pour le tableau un attachement certain, attesté par la présence de l'oeuvre dans les expositions particulières de l'artiste en 1855 et en 1867. Encore exposé régulièrement après la disparation du peintre, ce portrait devient même, non sans ironie, l'image la plus célèbre de Berlioz.

Dossier Courbet


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