48/14, La revue du musée d'Orsay N°01, automne 1995

48/14 La revue du musée d'Orsay
Collectif, Henri Loyrette, direction
Robert Houdin, Proust, la famille Peugeot et la presse dans l'affaire Dreyfus
Musée d'Orsay / Réunion des musées nationaux - 1995
broché
Français
épuisé

 

 

Actualités


Cette rubrique s'ouvre sur un entretien avec Françoise Cachin, directeur des musées de France et commissaire de l'exposition Cézanne présentée au Grand Palais jusqu'au 7 janvier 1996. Est présentée ensuite l'exposition de la Ny Carlsberg de Copenhague qui se tient au musée d'Orsay. Les 100 ans du cinéma sont enfin à l'honneur à travers expositions dossiers et festivals à l'auditorium.

Etudes


Robert-Houdin et l'illusion romantique
par Nicole Savy, chef du service culturel du musée d'Orsay.
Georges Méliès, pionnier du cinéma dès 1896, se voulait "magicien de l'écran". Par cette belle formule, il qualifiait au mieux la teneur fantastique ou fantaisiste de ses premiers films; il marquait aussi le lien historique, nourricier, entre magie, cinéma et progrès scientifique. En 1888, Méliès avait acheté le théâtre Robert-Houdin, situé au Palais-Royal et entouré de l'aura intacte de son créateur. Malgré la concurrenceque se livraient les illusionnistes, Robert-Houdin est en effet resté, entre 1845 et 1852, le plus célèbre des prestidigitateurs du Paris romantique. Et le rénovateur de sa profession. Homme de science et inventeur récompensé, il a transformé radicalement les conditions sociales et esthétiques du spectacle. Entre ses automates, l'homme en habit noir rejetait les mystifications de mauvais goût, comme il avait abandonné les oripeaux du baladin. Mais, en avouant davantage ses causes rationnelles, cet illusionnisme n'en était que plus générateur d'étonnement et de surnaturel.

La formation d'un mélomane
par Jean-Yves Tadié, professeur à l'Université de Paris-Sorbonne
Dans La Prisonnière, l'audition de la sonate de Vinteuil confronte le narrateur à sa vocation d'écrivain encore inaccomplie. Si la musique intervient si souvent dans le récit sans cesse fragmenté d'A la recherche du temps perdu, c'est que, tout comme la peinture d'Elstir, elle est un modèle stimulant de construction non linéaire, de composition aux thèmes entrelacés, fugués, variés à l'infini. L'écriture musicale, avec ses glissements, ses contradictions et ses reprises, a contribué, après l'échec de Jean Santeuil, à l'émergence de la nouvelle narration proustienne qui fait du temps son personnage central et du vieillissement le cœur du drame. Quand il écrit, en 1895, que "l'essence de la musique est de réveiller en nous ce fond mystérieux (inexprimable à la littérature et en général à tous les modes d'expression finis…)", Proust se met au défi d'y parvenir avec ses mots. Le mélomane assidu de l'Opéra et des music-halls ne deviendra pas écrivain autrement.

Une famille, une entreprise : les Peugeot au XIXe siècle
par Daniel Henri, professeur de Première supérieure
La longévité des Peugeot dans l'industrie apparaît de nos jours exceptionnelle dans l'histoire du patronat français. Ce capitalisme familial n'en reste pas moins de facture très classique dans la France du XIXe siècle. De la terre à l'usine, du négoce à l'industrie, il puise ses racines dans le patient travail d'accumulation accompli sur plusieurs générations par les représentants d'une bourgeoisie enracinée de longue date dans le pays de Montbéliard. Née dans la filature et dans la métallurgie dès les années 1800, enrichie par l'outillage puis par la bicyclette , la maison Peugeot prospère sans discontinuité majeure. La cohésion du groupe familial, les alliances matrimoniales, les institutions sociales destinées à encadrer une main-d'oeuvre encore majoritairement rurale élargissent peu à peu les assises locales de l'entreprise. C'est en s'attachant à préserver cette identité familiale et provinciale que ses dirigeants abordaient son centenaire, dominé par l'essor de la construction automobile, mais aussi par l'apparition des premiers conflits sociaux.

La presse et l'édition dans la bataille dreyfusienne
par Jean-Yves Mollier, professeur à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines
Il y a un siècle, le capitaine Alfred Dreyfus était condamné pour haute trahison. Condamné sur de faussse preuves, il ne devra sa réhabilitation qu'à la pugnacité de ses proches et au courage d'écrivains, de journalistes et de militants politiques qu'on appellera désormais les "intellectuels". Au-délà de l'erreur judiciaire, l'affaire Dreyfus jette une lumière crue sur la France des années 1890 : une IIIe République discréditée par son propre personnel, des conflits sociaux exacerbés, la rancœur de 1870 et la hantise de la trahison. D'où la forte montée d'un nationalisme virulent, très souvent antisémite, semant l'intolérance xénophobe. Entre les dreyfusards et leurs adversaires, la presse va être le lieu d'un affrontement continu à partir de la mi-1897. La publication par L'Aurore du "J'accuse" de Zola en est le moment le plus fort. De son côté, Pierre-Victor Stock, non content de soutenir Dreyfus par le livre et la brochure, fait imprimer affiches, placards et images d'Epinal pour servir la cause. Combat pour la vérité et la justice, l'Affaire consacre aussi la nouvelle puissance des médias.

Vie du musée


Des travaux récents et le système d'audioguidage sont évoqués ici, de même que la nouvelle présentation des pastels depuis avril 1995.



Manifestations

Paris, Galeries nationales du Grand Palais



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