A travers une programmation qui varie et mélange tous les genres - aussi bien la fiction que le documentaire - ce cycle présente quelques chefs d'oeuvre trop peu connus de ce vaste continent qui reste à explorer.



A la fin du XIXe siècle, le thème ouvriériste et son discours social s'expriment dans le naturalisme théâtral, porté par André Antoine et son Théâtre-Libre et l'oeuvre d'Emile Zola. Il trouve tout naturellement sa place dans le cinéma d'avant-guerre, et particulièrement dans la production française, avec notamment les films de Ferdinand Zecca pour la firme Pathé qui fournissait à son public populaire des histoires racontées de son point de vue, non sans ambiguïté, entre l'expression réaliste de la lutte des classes et l'irréalisme sur la façon d'y mettre fin.
Accompagnement musical :
Antonino Mollica, saxophone
Rémi Durupt, percussions





Ce programme s'articule autour d'une thématique résolument "moderne" : l'aéronautique ou comment l'homme va parvenir à voler après le premier kilomètre homologué en janvier 1908 par Henry Farman. La terre vue du ciel va changer le regard des hommes. Les progrès des machines volantes sont célébrés dans des documentaires mais aussi des films de fiction qui offrent un autre aspect, prémonitoire, à l'usage qui sera fait de l'aviation dans le premier conflit mondial, comme le très beau film d'Alfred Machin, tourné en Belgique, Maudite soit la guerre.
Accompagnement musical :
Sandrine Marchetti, piano


L'art animalier connut tout au long du XIXe siècle une grande vogue. Cet intérêt scientifique, mais aussi esthétique, éducatif ou spectaculaire, a irrigué le cinéma d'avant-guerre où l'animal devient un protagoniste à part entière. Il n'y a pas un genre qui ne fasse appel de façon régulière aux animaux. Les arts plastiques et le monde du spectacle (cirque, reconstitution de jeux romains) servent de source d'inspiration ou de pure imitation. Que ce soit dans les péplums, les films comiques ou l'animation, les documentaires sur la faune, et bien entendu dans
les féeries (genre le plus populaire de l'époque), l'animal est omniprésent.
Accompagnement musical :
Vincent Lê Quang, saxophone
Alexandros Markéas, piano





L'art du XIXe siècle pourrait composer un beau et hétéroclite bouquet où chaque fleur représenterait un mouvement artistique, un artiste ou une oeuvre.
Le lys ?... "Arts and Craft", bien entendu. Des iris et des orchidées pour l'Art Nouveau… et les catleyas pour Odette Swann. Les pivoines ? Manet. Les nénuphars ? Monet bien sûr. Sans oublier ses coquelicots. Et évidemment, le tournesol pour Vincent Van Gogh. Le cinématographe à ses débuts n'échappe pas à cette obsession du botanique floréal : éclosion de fleurs, danseuses papillons aux ailes bigarrées, langage des fleurs dans Le Chrysanthème rouge de Léonce Perret…
Accompagnement musical :
Simon Adda-Reyss, piano



Marcel Proust se passionnait pour la photographie et le téléphone, ainsi que pour l'automobile et – indirectement – l'aviation. Le cinématographe, par contre, est absent de son oeuvre. Trop naïf, trop populaire, le cinéma d'avant la Grande Guerre ? Proust aimait les spectacles populaires et les fréquentait. La peinture, la photographie tiennent une large part dans son oeuvre. Et le petit Marcel est fasciné par les images de la lanterne magique… Or, on trouve dans la production française contemporaine des films qui auraient pu le passionner. Invitons Marcel Proust à aller au cinéma.
Accompagnement musical :
Paul Goussot, piano
Gabriel Dufay, piano





La folie hante les artistes, mais il est peu probable que les travaux de Freud aient été déjà connus dans les milieux du cinéma de l'avant-guerre. Pourtant, il souffle dans ce cinéma des premières décennies un air de folie, qui, sans aucun doute, aurait intrigué Freud lui-même ! Souvent dans le registre comique, cela va de soi. Mais aussi dans les drames psychologiques. La photographie passait pour voler les âmes. Avec le cinéma, celles-ci peuvent désormais exprimer dans le temps leurs émotions. Quant à Léonce Perret, il fait de la caméra l'instrument même de la guérison.
Accompagnement musical :
Nicolas Delaigue, sitar



Les arts mineurs du XIXe siècle (la chanson, les gravures, les spectacles populaires) abondent en exemples de thèmes difficiles à apprécier de nos jours, où les bons sentiments ont partie liée avec la piété religieuse. Et cette imagerie saint-sulpicienne est hantée d'images de résurrections et d'apparitions. Le cinéma des premiers temps va exploiter avec force tout le catalogue des visions surnaturelles. Et cela, bien entendu, grâce à des procédés photographiques qui permettent des effets bien plus efficaces que ceux largement utilisés dans le théâtre populaire et commercial de l'époque.
Accompagnement musical :
Paul Goussot, piano



Dès la libération des relations commerciales en 1859, l'exportation de l'art et de l'artisanat créèrent un véritable engouement pour le Japon. En France, le japonisme va s'implanter de façon spectaculaire. Dès son origine, le cinématographe propose des voyages imaginaires. Une séance de cinéma d'avant 1914 se devait de présenter des vues des principaux sites touristiques, des grandes métropoles ou encore des paysages pittoresques. La guerre russo-japonaise de 1904 -1905 va donner lieu à une série impressionnante de films Pathé qui la mette en scène dans le style des tableaux de batailles. Elle va renouveler aussi l'intérêt pour l'Orient.
Accompagnement musical :
Matteo Cesari, flûte


