La réhabilitation de l'Art Nouveau dans les années 1960 toucha le cinéma autant dans des films d'auteurs que dans des formes plus populaires. Judex puise à la source en s'inspirant d'illustrations et de films des années 1910, en particulier de Feuillade. En adaptant un roman de la Belle Epoque (Le voleur), Malle se démarque quant à lui de la Nouvelle Vague tout en restant fidèle à ses obsessions. Au-delà des films d'époque, l'Art Nouveau apparaît dans des œuvres assumant une superficialité décorative conforme aux modes (Cannabis, La Curée).
Dans les comédies populaires françaises, la Belle Epoque représente une forme de légèreté dont les modèles sont Feydeau et Courteline. C'est aussi une façon de dépoussiérer le cinéma comique à travers des fantaisies visuelles au goût du jour. De nombreuses comédies des années soixante s'amusent ainsi avec les anachronismes de la mode (Hibernatus) en intégrant parfois l'esthétique psychédélique (Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, Quoi de neuf Pussycat ?).
A la fin de cette décennie apparaît un cinéma psychédélique s'inspirant des hallucinations provoquées par le LSD (The Trip) ainsi que du graphisme coloré et Art Nouveau des pochettes de disque et des affiches de l'époque. Dans son Salomé, Pierre Koralnik fait un lien très pertinent entre Wilde et Gaudí. Tandis qu'à travers cette pièce, l'iconoclaste Carmelo Bene s'approprie à la fois l'Art Nouveau et le psychédélisme en mêlant peinture et bande-dessinée, théâtre classique et cabaret grotesque. La plupart de ces films sont des expérimentations visuelles montrant combien l'influence de l'Art nouveau coïncide avec la généralisation de la couleur au cinéma, encore minoritaire au début des années soixante.






