Jean-Léon Gérôme Pollice Verso © Phoenix Art Museum
Objet de polémiques ou de commentaires acerbes de son vivant (Zola), Gérôme disparaît en 1904, en peintre académique honni de la critique, au moment même où la peinture s'affranchit des codes qu'il a officiellement défendu avec opiniâtreté. De son temps, l'un des peintres les plus célèbres, l'un des plus admirés et collectionnés, il demeure aussi l'un des plus mal vus aujourd'hui, l'un des moins "critiqué" aussi. C'est de l'Amérique, vers laquelle nombre de tableaux majeurs convergent dès les années 1870, que survient à la fin des années 1960 la "réhabilitation" de cet oeuvre d'une richesse complexe. Sans les travaux pionniers de Gérald Ackerman, Gérôme n'aurait pas repris sa place légitime dans l'art de la seconde moitié du XIXe siècle, alors que sa reconnaissance au pays natal tarde toujours. Longtemps considéré comme le tenant emblématique d'un académisme stérile, Gérôme est aujourd'hui compris comme l'un des grands créateurs/producteurs d'images du XIXe siècle.
Sous la direction de Laurence des Cars, Dominique de Font-Réaulx et Edouard Papet, commissaires de l'exposition Jean-Léon Gérôme (1824-1904), l'histoire en spectacle.