Le romantisme et le culte des images

Le "culte des images" : "ma grande, mon unique, ma primitive passion", note Baudelaire dans Mon Coeur mis à nu. Il ne s'agit pas là d'une lubie personnelle, un effet de son désir obsessionnel de "nouveau" ou de "bizarre". Au contraire, tout le romantisme pourrait se résumer à ce culte des images. Car le romantisme – qu'il soit philosophique, artistique, littéraire – a toujours poursuivi le même rêve de synthèse harmonieuse entre l'intelligible et le sensible, le spirituel et le matériel. Or l'image – visible et pourtant réduite à deux dimensions, comme le texte – implique la double participation de l'esprit (qui "imagine") et de l'expérience sensorielle (d'où provient la perception des contours et des couleurs). Par sa nature même, elle réalise l'idéal romantique : qu'elle soit l'image verbale des poètes et des romanciers ou l'image concrète des peintres et des illustrateurs – ou, mieux encore, le dialogue et le jeu artistique entre l'une et l'autre.
Des paysages inspirés de Chateaubriand, où la représentation matérielle invite encore à tourner le regard vers les réalités invisibles d'une spiritualité désincarnée, jusqu'à la fascination d'un Hugo pour le dessin, d'un Gautier pour la peinture, d'un Balzac pour la caricature, il s'agira à la fois d'esquisser les formes pérennes de cet amour romantique de l'image et de repérer son cheminement vers la passion exclusive et matérialiste de l'illusion artistique qui mène en droite ligne à la modernité de Baudelaire et de Flaubert.


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sam. 15 mars 2014 - 12h00
Musée d'Orsay
Auditorium niveau -2

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