L'image révélée

ARCHIVE
2008

1

2

3

4

Premières photographies sur papier en Grande-Bretagne (1840-1860)


William Fox TalbotThe Haystack © The RPS Collection at the National Media Museum, Bradford

Fixer le réel

Les annonces officielles des inventions de Daguerre et de Talbot interviennent toutes deux au début de l'année 1839. Le 7 janvier, Arago dévoile le daguerréotype à Paris devant l'Académie des Sciences. L'arrivée de cette nouvelle en Angleterre contraint Talbot à abandonner sa réserve. Jusque-là très discret sur la teneur de ses travaux, il expose ses premiers dessins photogéniques à Londres fin janvier 1839.
Les deux techniques sont très éloignées. Daguerre utilise une plaque de cuivre argenté polie, sensibilisée à la lumière par des vapeurs d'iode. L'image obtenue est tantôt positive, tantôt négative, selon l'angle sous lequel on la regarde. Chacune est unique et impossible à reproduire.
Talbot, quant à lui, emploie du papier sensibilisé à la lumière par traitement chimique à base de sel marin et de nitrate d'argent. Après une exposition à la lumière, il obtient un "négatif", où les tons clairs et foncés du sujet sont inversés. Celui-ci est alors utilisé pour tirer autant d'épreuves "positives" que souhaité. Ce principe jette les fondements de la photographie pour les cent cinquante ans à venir.

William CollieTwo Fisher Girls
D'un point de vue esthétique, le rendu des images est également très différent. Dans un texte de 1930, le critique d'art Waldemar-George décrit ainsi l'image daguerrienne : "C'est une écriture de calligraphes précis, qui soulignent les détails, qui s'efforcent d'atteindre la clarté absolue des objets". Au contraire, le calotype joue sur les masses d'ombres et de lumières, estompe les détails. A l'éclat métallique et miroitant du daguerréotype, s'oppose la granulosité du papier et le velouté de ses teintes grises ou brunes.

Après sa présentation, Talbot poursuit ses recherches. Il découvre notamment qu'une image latente se forme sur le papier photosensible après exposition à la lumière, et qu'il est possible de la rendre visible par un "développement". Cette méthode lui permet d'abaisser considérablement les temps de pose. En juin 1841, il publie enfin la description complète de son procédé et lui donne le nom de "calotype", du grec kalos, "beau".

1

2

3

4


Augmenter la taille du texte Réduire la taille du texte Envoyer à un ami Imprimer
Facebook
Google+DailymotionYouTubeTwitter