Tableaux vivants. Fantaisies photographiques victoriennes (1840-1880)

ARCHIVE
1999

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Photographie
Julia Margaret CameronThe parting of Sir Lancelot and Queen Guinevere© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Dès les débuts de la photographie, au milieu des années 1840, un certain nombre de photographes britanniques, sous l'influence de modèles picturaux, entreprennent de mettre en scène des sujets littéraires, religieux, historiques ou de genre. Véritables compositions à but artistique ou simples jeux d'amateurs, inspirés de la pratique des tableaux vivants et des charades, très en vogue à l'époque, ces fantaisies photographiques partagent un même goût pour la narration et la fiction et des sources d'inspiration communes : le monde médiéval des légendes arthuriennes, celui de Walter Scott ou de Shakespeare, comme la peinture préraphaélite. Par leur audace, leur goût pour le déguisement et le travestissement, leur volonté d'utiliser la photographie pour donner corps à des fictions, ces images évoquent aujourd'hui bien des démarches de la photographie contemporaine autour du jeu et de la mise en scène.

C'est, à partir de 1843, soit quelques années à peine après l'invention de la photographie, qu'apparaissent les premières tentatives d'illustrations de Walter Scott par les photographes écossais David Octavius Hill et Robert Adamson. Elles sont vite relayées, à partir de la seconde moitié des années 1850, par de grandes compositions et photomontages, à visées "artistiques", scènes allégoriques, littéraires (Don Quichotte, Le petit chaperon rouge) ou religieuses (La tête de Saint Jean-Baptiste), oeuvres de photographes professionnels (Oscar-Gustav Rejlander, Henry Peach Robinson, William Lake Price), souvent peintres de formation. Beaucoup d'entre elles, par leur dimension et leur mode d'élaboration, sont de véritables tours de force techniques obtenus en combinant jusqu'à trente négatifs différents pour réaliser une seule image. Présentées aux grandes expositions photographiques de la fin des années 1850, certaines ont un grand retentissement, et sont à l'origine d'un débat sur la nature artistique de la photographie. Le photographe Rejlander, chef de file de ce courant, bénéficie du patronage royal : ainsi la reine Victoria achètera sa plus célèbre image, The Two Ways of Life, pour son époux le Prince Albert.

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