Léon Gimpel (1873-1948), les audaces d'un photographe

ARCHIVE
2008

1

2

3

Les noms de Jacques-Henri Lartigue et d'Eugène Atget sont généralement cités comme figures emblématiques de la photographie à la Belle Epoque. A ces deux noms, il convient désormais d'ajouter celui de Léon Gimpel pour apprécier l'ampleur et la richesse de cette période.


Un photographe amateur audacieux

Plaque de projection
Léon GimpelAutoportrait au Palais de Glaces de l'Exposition universelle© DR - SFP
Gimpel prend ses premières photographies en 1897 avec un appareil détective de type Kodak. Il troque rapidement ce matériel aux paramètres techniques prédéfinis pour un Spido Gaumont, d'un maniement plus complexe, mais qui lui donne plus de liberté.
Lors de l'Exposition universelle de 1900, Gimpel réalise plusieurs clichés de sa propre image dans des miroirs déformants. Autoportraits amusants, ils sont aussi très étranges puisqu'aucun artifice de mise en scène n'est visible. Dans le même esprit, Gimpel produit quelques photographies spirites. Exploitant la surimpression ou le phénomène de halo, il crée des images d'un surnaturel inquiétant.


Plaque de projection
Léon GimpelBar "Tout va bien"© DR - SFP
Les règles classiques de la perspective sont également bouleversées et dépassées par Gimpel qui n'hésite pas à rechercher des points de vue audacieux. Il photographie Paris du haut des monuments de la ville ou s'embarque à bord de dirigeables pour saisir la foule au sol, aux côtés de l'ombre de l'aéronef.
Enfin, féru de technique, Gimpel va jusqu'à modifier la chimie des plaques sensibles. Il parvient à accélérer la sensibilité de son support et peut alors photographier la vie nocturne parisienne des premières années du XXe siècle. Repoussant ainsi les contraintes techniques, Gimpel produit des images qui relèvent de l'expérimentation.


Gimpel et la couleur

Autochrome
Léon Gimpel (1873-1948)Place de la Madeleine un dimanche matin© DR - SFP
En 1904, Gimpel rencontre à Lyon Auguste et Louis Lumière qui viennent de communiquer à l'Académie des Sciences l'état de leur recherche sur la photographie en couleurs. Leur invention, l'autochrome, impose un long temps de pose, ce qui limite son utilisation à des sujets statiques. Gimpel s'empare du procédé et revient aux genres classiques du paysage ou de la nature morte.
Aidé par Fernand Monpillard, un de ses collègues de la Société française de photographie, il modifie les plaques commercialisées et parvient à réaliser des instantanés en couleurs. Gimpel devient ainsi le seul photographe réussissant à reproduire les scènes colorées de vie à la Belle Epoque. Les vacances au bord de la mer, les scènes de rue parisiennes et surtout les illuminations des monuments de la capitale deviennent les sujets récurrents de son oeuvre.

1

2

3


Augmenter la taille du texte Réduire la taille du texte Envoyer à un ami Imprimer
Facebook
Google+DailymotionYouTubeTwitter