Alexandre Charpentier (1856-1909). Naturalisme et Art Nouveau

ARCHIVE
2008

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"L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique"


Pot à tisane
Alexandre CharpentierPot à tisane© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
A priori, Charpentier n'est pas l'homme de l'oeuvre unique. Quand ses créations sont isolées, c'est qu'elles sont d'ordre personnel, ou bien si coûteuses qu'il n'a pas pu les dupliquer. C'est le cas de la plupart de ses meubles, comme le Piano et l'Armoire à quatuor. Parfois encore, il ne souhaite simplement pas réitérer ses efforts, comme pour la Fontaine lavabo.
En cette fin de siècle, l'oeuvre d'art est entrée, selon la formule de Walter Benjamin, dans "l'époque de sa reproductibilité technique". Charpentier prône naturellement l'édition de ses créations. Non pas en "un nombre infini d'exemplaires", mais en "délimit[ant] scrupuleusement le chiffre". Il fait alors le choix de matériaux et de techniques bon marché, pour parvenir à un coût de production et un prix de vente raisonnables.

 

Le "mobilier de sculpteur"

Boiserie de salle à manger
Alexandre CharpentierBoiserie de salle à manger© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Les créations de Charpentier dans le domaine du mobilier et de la décoration ont suscité des réactions mitigées et sont moins bien considérées que celles des architectes et dessinateurs. Que lui reprochait-on ? Essentiellement la diversité, signe d'"une fantaisie déréglée". Mais peut-on blâmer Charpentier d'avoir sans cesse expérimenté et puisé à des sources multiples ?
Reconnaissons à l'artiste le mérite d'avoir mis sa "fantaisie" au service de commandes bien particulières. En effet, plusieurs de ses meubles tiennent de la gageure. Les placards et les étagères de l'Armoire à quatuor, hauts et profonds, permettent de stocker partitions et archets, qui ne méritent pas d'être vus. Les instruments au contraire sont exposés derrière des vitres. Ce meuble unique combine merveilleusement le beau et l'utile.
Pour son Billard, Charpentier renonce à la marqueterie, qui était d'usage. Il réfléchi à un moyen d'exploiter dans un but décoratif l'obligation de faire tomber les boules dans les angles. C'est alors qu'est née l'idée de les recueillir dans les drapés des danseuses, le bronze étant suffisamment solide pour résister à leur chute répétée.

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