Alexandre Charpentier (1856-1909). Naturalisme et Art Nouveau

ARCHIVE
2008

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Statuette
Alexandre CharpentierDanseuse© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Sophie Boegly
"Statuaire amovible"

L'Art Nouveau est le triomphe de l'objet et les sculpteurs y ont fortement contribué. Que propose Charpentier ? "Une sorte de statuaire amovible de petite dimension", selon la formule de Camille Mauclair. Sa spécialité est de choisir un objet de forme traditionnelle - pichet, sucrier, boîte aux lettres, balayette… - pour lui appliquer un décor sculpté qui lui confère de l'originalité. Le relief est installé souvent en forte saillie, jusqu'à la ronde-bosse.

Mais Charpentier ne donne jamais dans la vulgarité ou l'ostentation. Il livre "de menues et graciles ciselures", des figures féminines à la sensualité discrète. Ses personnages ont le mérite de la dignité et même de la gravité, loin des sourires accrocheurs de tant de bibelots Art Nouveau. Leur charme réside curieusement dans le fait qu'ils ne manifestent aucune expression, si ce n'est de la concentration et de la sérénité.
Toujours dans l'action, même lorsqu'ils méditent ou contemplent, ils dégagent présence et énergie communicative et sont plus que des ornements.


"Vénus blanchisseuse"

Le naturalisme de Charpentier ne s'exprime pas seulement par ses thèmes : mères allaitant et jeunes enfants, ouvriers et médecins, portraits des grands et petits maîtres du naturalisme littéraire. Il s'affirme aussi par le choix de modèles anticlassiques. Son bel idéal n'est pas celui de l'Académie, mais de la rue. Des modèles populaires, il fait des types sociaux à la manière de Jules Dalou (1838-1902) et Constantin Meunier (1831-1905).

Plaquette uniface en bronze
Alexandre CharpentierLa contrebasse© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Pour ses nus, le sculpteur choisit des modèles non académiques : "C'était voir Vénus dans la blanchisseuse et Ganymède dans l'adolescent du coin de la rue" (Rossella Pezone-Froissart). Ses canons féminins sont au nombre de deux : l'un très jeune, mince et gracile, l'autre plus mûre, aux formes généreuses. Le premier, d'"un aspect osseux et mal nourri" selon Léonce Bénédite, est appliqué aux plaques de propreté de porte de format vertical comme Le Violoncelle et La Harpe. Le second est utilisé pour les plaques plus larges décorant le meuble à quatuor, comme L'Alto et La Contrebasse.

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