James Ensor

ARCHIVE
2009

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James EnsorL'entrée du Christ à Bruxelles© ADAGP, Paris © Photo Daniël Kievith

"Le peintre des masques"


Très sensible à la critique, Ensor apparaît blessé, déçu, désespéré après les XX de 1887 et sa confrontation avec la grande toile de Seurat. Au cours de la même année, il doit affronter les disparitions de son père et de sa grand-mère, auxquels il était très attaché. Ces évènements marquent profondément Ensor et provoquent un tournant dans sa carrière et sa démarche.
Déjà présentes dans son oeuvre depuis 1883, les représentations de masques et de squelettes prennent à partir de 1887 une place prééminente. Il revisite même une partie de sa production du début des années 1880 afin de la peupler de ces motifs. Masques et squelettes rappellent bien sûr l'étrange ambiance du magasin familial ainsi que la tradition du carnaval d'Ostende, mais ils ont également une portée symbolique. Les premiers camouflent et exacerbent une réalité que le peintre trouve trop laide et trop cruelle, tandis que les seconds pointent la vanité et l'absurdité du monde.

James EnsorSquelettes se disputant un hareng saur© ADAGP, Paris © MRBAB, Bruxelles
En 1888, Ensor s'attaque à la monumentale Entrée du Christ à Bruxelles en 1889 (2,52 x 4,3 m., Los Angeles, The Paul Getty Museum), sa réponse au tableau de Seurat et à ses détracteurs. Cette oeuvre mêle tous les principes de l'art d'Ensor : la lumière qui exalte les couleurs poussées au plus vif, le souci de modernité qui transplante le Christ dans la Bruxelles du XIXe siècle tiraillée par des mouvements politiques contradictoires, les masques qui brouillent la réalité, l'apothéose du peintre enfin. Ensor donne ses traits au Christ entrant dans Bruxelles, comme s'il sacrifiait sa vie et sa paix à la peinture.

Parallèlement à la réalisation de son tableau programmatique, Ensor se venge des attaques dont il est l'objet dans une série de panneaux virulents, de gravures, de dessins qui dénoncent les grandes injustices de son temps aussi bien que ses petites mesquineries. Ces oeuvres sont d'une véhémence et d'une liberté inégalées en cette fin de siècle.

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