Art Nouveau Revival.
1900 . 1933 . 1966 . 1974

1

2

3

Photographie par Patrice Habans, Paris-Match n°1055, 26 juillet 1969"Salvador Dali sortant du sous-sol du subconscient tenant en laisse un tamanoir romantique, l'animal qu'André Breton avait choisi comme ex-libris"© ADAGP, Paris © Habans / Paris Match / Scoop

L'hommage des surréalistes


La réhabilitation de l'Art Nouveau fut précédée d'une reconnaissance épisodique et confidentielle, celle du groupe surréaliste. En 1933, Salvador Dalí publie dans la revue Minotaure un article intitulé "De la beauté terrifiante et comestible, de l'architecture modern'style" illustré de photographies de Man Ray et de Brassaï, respectivement consacrées à l'oeuvre d'Antoni Gaudí et de Hector Guimard. Leur lecture est orientée par les légendes, peu orthodoxes, rédigées par Dalí lui-même qui avait, quelques années auparavant, avec son tableau L'énigme du désir – Ma mère, ma mère, ma mère, rendu hommage à l'univers tellurique de l'architecte catalan.
Clovis TrouilleLe Palais des Merveilles© ADAGP, Paris © Photo Claude Caroly

A la même époque, Dalí découvre l'oeuvre du peintre Clovis Trouille – il se présentait comme un "rescapé de 1900" – qui l'enthousiasme par son absence d'autocensure et ses références récurrentes à l'Art Nouveau. Tandis que Trouille revient encore en 1960 sur le Palais des merveilles, Dalí continue jusque dans les années 1970 à opposer à "l'ignominieuse conception de Le Corbusier" l'ornementation de Guimard, "la plus libidineuse de toutes".

C'est aussi au cours de ces années 1930 que le designer finlandais Alvar Aalto conçoit des formes sinueuses, libres et expressives, évocatrices des créations les plus abstraites de l'Art Nouveau. Ce maître du design organique ouvre la voie dans laquelle s'engagent de nombreux créateurs, dont Isamu Noguchi avec sa célèbre Table basse "IN 50" de 1944.

AnonymeSalon "escargot" de Carlo Bugatti© Musée d'Orsay / Patrice Schmidt

Le design organique


Les maîtres de l'Art Nouveau n'ont cessé de recommander l'étude attentive des organismes vivants. Certains d'entre eux aboutissent à des représentations stylisées à des degrés variables du monde végétal et animal. D'autres s'engagent dans la voie de l'abstraction : la chaise "Escargot" de Carlo Bugatti préfigure la Chaise "Floris" de Günter Beltzig ou encore la célèbre Panton Chair, crée en 1959 par le danois Verner Panton et devenue depuis un grand classique de la décoration contemporaine. Quant aux création de Carlo Mollino, dans les années 1950, elles rappellent les ossatures du mobilier de Gaudí.

Verner PantonPhantasy Landscape, Cologne, Visiona 2© Verner Panton Design, Bâle, Suisse
Plus tard le terme "organique" tend à désigner tout objet dont les caractères sont adaptés aux exigences physiologiques et psychiques de l'homme moderne. Le design organique s'oppose alors aux excès d'un fonctionnalisme glacé privilégiant l'orthogonalité. Les nouveaux matériaux (plastique, fibre de verre, mousse de polyuréthane, jersey de polyamide...) autorisent la mise au point d'un langage simplifié, reposant sur la liberté et la fluidité rythmiques. Les formes de Verner Panton (Phantasy Landscape), d'Olivier Mourgue (Cellule Cafétéria) invitent l'usager à se lover et à libérer son imagination.

1

2

3


Augmenter la taille du texte Réduire la taille du texte Envoyer à un ami Imprimer
Facebook
Google+DailymotionYouTubeTwitter