Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde

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A la recherche d'une nouvelle beauté, 1860–1870

Thomas ArmstrongLe Champ de foin [The Hay Field]© V&A Images
Au milieu du XIXe siècle, au Royaume-Uni, une cacophonie de styles et de théories agite le monde de l'art et des arts appliqués. De cette confusion émerge pourtant un idéal clair et révolutionnaire : la quête d'une nouvelle beauté. Les artistes associés à ce que l'on nommera l'Aesthetic Movement ne cherchent rien moins que la création d'une forme d'art libérée des préceptes de la Royal Academy, affranchie des conventions sociales.

C'est l'avènement de L'art pour l'art, d'un art qui n'a d'autre vocation que la beauté. Les tableaux peints par les "esthètes" ne sont ni narratifs, ni moraux ; leurs sculptures offrent simplement un délice visuel et tactile, évocateur de plaisirs sensuels ; leur poésie se veut "pure".

Edward William GodwinBuffet© V&A Images
Le même esprit s'étend à la gravure, la reliure, la mode ou la photographie et touche surtout toutes les formes d'arts décoratifs. L'objectif est de transformer le mobilier banal et prétentieux des intérieurs de la classe moyenne victorienne en y introduisant des meubles dignes de l'appellation "meubles d'art", de produire des céramiques, des tissus, des papiers peints et d'autres objets assez délicats pour mériter leur place au sein de l'habitat des "esthètes".

Les premiers cercles "esthètes"

A l'origine, le Mouvement est constitué de deux petits groupes assez homogènes, qui entretiennent l'un avec l'autre des relations étroites et complexes. Le groupe de Holland Park tout d'abord a pour centre Little Holland House, la demeure de la famille Prinsep, qui constitue l'un des pôles de la vie artistique, littéraire et intellectuelle du Londres victorien. Autour des deux figures majeures du groupe que sont Frederic Leighton et George Frederic Watts, on peut y croiser d'autres personnalités reconnues comme Tennyson ou Julia Margaret Cameron.

Frederic LeightonPavonia© Christie's Images
Le second groupe unit - du moins pour un temps - des bohémiens romantiques comme Dante Gabriel Rossetti et ses disciples préraphaélites, dont William Morris et Edward Burne-Jones ; des figures rebelles tel James McNeill Whistler, tout juste revenu de Paris et nourri d'idées françaises jugées dangereuses sur la peinture moderne ; des "olympiens", peintres de grandioses sujets classiques, rattachés au cercle de Leighton et Watts.

Choisissant des modèles se démarquant du goût victorien pour une féminité discrète, comme Lizzie Siddal, muse rousse de Rossetti et des préraphaélites, ou la fière italienne Nanna Risi, élue par Leighton, les peintres "esthètes" proposent une nouvelle vision de la beauté féminine à la sensualité assumée.

Enfin écrivains et critiques gravitent également autour de ce cercle, comme le frère de Rossetti, William Michael, et le jeune Algernon Swinburne. Tous deux s'efforceront de décrire les principes littéraires et artistiques de l'esthétisme et chercheront à montrer les liens qui unissent des oeuvres apparemment hétéroclites.

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