Allegro Barbaro. Béla Bartók et la modernité hongroise 1905-1920

1

2

3

4

Autoportraits

Sándor ZifferAutoportrait© Photo Árpád Fákó/DR

Dans ses Deux Portraits pour orchestre (1907-1908), Béla Bartók fait se succéder l'"idéal" et le "grotesque". Dans le même esprit, les peintres hongrois de la nouvelle génération, partis pour la plupart compléter leur formation à Munich puis à Paris, semblent animés de la conviction que l'excès de gravité confine au grotesque : certains autoportraits basculent ainsi de l'introspection dans l'autodérision.

Róbert BerényAutoportrait au chapeau de paille© Galerie nationale hongroise, Budapest/Róbert Berény

Refusant le portrait académique, les artistes font ostensiblement référence aux nouveaux "maîtres" de la modernité : hommage est rendu à Gauguin (Ziffer, Berény), Cézanne (Berény, Pór), aux couleurs de Matisse, à l'expressionnisme de Nolde (Nemes Lampérth).

L'artiste se met en scène, en costume et haut de forme ou bien simplement coiffé d'un chapeau de paille ; son regard défie le spectateur, son visage expressif reflète et suscite l'inquiétude.
Il semble provoquer ses contemporains du haut de ses découvertes picturales : alors que la Hongrie peinait encore à s'accommoder de l'impressionnisme, on comprend le scandale provoqué par un autoportrait de Czigány, qualifié immédiatement par la critique de "monstre aux cheveux verts".

 

Paris-Budapest

József Rippl-RónaiPlace de l'Observatoire© Galerie nationale hongroise, Budapest

Au début du XXe siècle, de nombreux artistes hongrois se tournent vers Paris. Béla Bartók se confronte à la tradition musicale française (Rameau, Couperin) et regarde vers les créations de Debussy, quand les jeunes peintres découvrent Cézanne, Gauguin et bientôt, Matisse.

Bartók n'a jamais effectué de longs séjours à Paris, mais il s'y rend à plusieurs reprises. Sa première expérience, en 1905 à l'occasion du concours Rubinstein, se solde par un échec sur le plan musical ; mais le jeune homme prend le temps de visiter le Louvre et le musée du Luxembourg, où sont alors exposés les peintres impressionnistes.

Róbert BerényNu féminin couché© Galerie nationale hongroise, Budapest/Róbert Berény

Au même moment, ses compatriotes étudient à l'académie Julian (Bertalan Pór, Ödön Márffy, Géza Bornemisza, Béla Czóbel, Dezső Czigány, Róbert Berény,...), à l'académie Colarossi (Vilmos Perlrott- saba), à l'académie Humbert (Béla Czóbel, Róbert Berény), ou encore à l'école libre ouverte par Matisse en 1908 (Perlrott, Bornemisza).
Ils y côtoient Marquet, Manguin, Matisse, fréquentent le salon des Stein et exposent régulièrement au Salon d'Automne ou au Salon des Indépendants. Plusieurs d'entre eux se joignent au groupe des Fauves français, présentant leurs oeuvres à leurs côtés.

1

2

3

4


Augmenter la taille du texte Réduire la taille du texte Envoyer à un ami Imprimer
Facebook
Google+DailymotionYouTubeTwitter