Félicie de Fauveau. L'amazone de la sculpture.

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Florence, refuge et foyer

Félicie de FauveauClémence Isaure instituant les jeux floraux© Photo Daniel Martin
En 1833, Félicie de Fauveau s'exile dans le pays qui l'a vue naître, la très catholique Italie : elle y reste jusqu'à la fin de sa vie malgré l'amnistie de 1837. Sa prédilection la porte vers Florence, foyer artistique et culturel, mais surtout creuset de l'âge d'or de l'art italien. Désormais ses oeuvres s'imprègnent profondément de l'art du Moyen Age et de la Renaissance italienne qu'elle étudie avec ferveur.
Bien qu'en marge des milieux artistiques de la capitale toscane, Fauveau est hébergée à son arrivée par le sculpteur Lorenzo Bartolini, se lie avec le peintre Antonio Marini dont elle partage la passion pour Dante, et rencontre les artistes de passage. Avec son frère Hippolyte, elle mène parallèlement à la sculpture une activité de marchand d'art.

Son atelier, tendu de tissus et tentures pour la visite de personnalités prestigieuses comme le comte de Chambord ou le tsar, est fréquenté par les amateurs d'art comme les curieux. Pourtant, même au sommet de son activité en 1840, la maison Fauveau n'emploie que quatre praticiens pour tailler des marbres en majorité de petites dimensions.

Un légitimisme intransigeant

Félicie de Fauveau ; Hippolyte de FauveauPortrait en buste de la marquise Boccella© Musée d'Orsay / Patrice Schmidt
Oeuvres de commande souvent alimentaires et toujours rémunératrices, les portraits flattent leur modèle ou gardent le souvenir d'un attachement. Fauveau se plie à l'exercice, soutenue par sa pragmatique mère : "C'est la belle partie de l'art que les portraits et ce qui se paie le mieux". Elle reste toutefois fidèle à ses convictions, n'acceptant que les commandes de ses proches, des étrangers royalistes et des aristocrates français légitimistes qui se pressent dans son atelier. Elle livre d'eux des portraits mettant en exergue un statut davantage qu'une psychologie, préférant le haut-relief "parlant" à la ronde bosse.

La noble naissance de ses modèles est affichée par des armoiries et leurs convictions par des inscriptions et des symboles royaux, rehaussés de polychromie. Le portrait du marquis Forbin des Issarts en forme de bénitier affirme la fidélité de l'ancien pair de France aux Bourbons, tandis que les filles de duc de Rohan sont traitées décorativement dans un cuir enroulé renaissant à fond d'or.
Exceptions à la règle, le flamboyant baron François Dudon aux accents baroques et le vicomte Brétignières de Courteilles présentent une mise en page plus conventionnelle.

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