Crime et châtiment

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Hugues FourauTête décapitée de Fieschi© Musée des Beaux-arts d'Orléans, cliché François Lauginie

Le visage du criminel


Giuseppe Fieschi a été exécuté en 1836 pour tentative de régicide sur Louis-Philippe. Sa tête a été peinte et moulée selon un usage documentaire qui sévit dans toute l'Europe. Les experts en phrénologie et en physiognomonie, disciples de Gall et de Lavater, l'ont étudiée recherchant dans la forme de son crâne et dans les traits de son visage, les signes de sa pulsion criminelle.

Soucieux de distinguer les criminels des fous (non responsables de leurs actes), le docteur Georget a demandé à Géricault de faire le portrait de fous mono-maniaques. Le peintre en saisit toute l'ambiguïté. Leur humanité est terriblement présente mais leurs regards, fuyants, refusent tout échange.

Henri Meyer, François-Louis MéaulleLe drame des Ternes, Supplément illustré du Petit Journal© MuCEM dist. RMN-Grand Palais / image MuCEM

1880-1920 : canards et apaches


L'apparition de la presse à grand tirage, dont Le petit Journal lancé en 1866 est l'exemple le plus fameux, confère une audience considérable à tous les crimes et faits divers qui étaient jusque-là évoqués dans de minces feuilles colportées à travers la France. Flattant les passions les plus basses de ses lecteurs, à coups de récits et d'illustrations spectaculaires cette presse diffuse, comme l'écrit Balzac, "des romans autrement mieux faits que ceux de Walter Scott, qui se dénouent terriblement, avec du vrai sang et non avec de l'encre". Elle est à la fois dénoncée et justifiée.

Lorsqu'il crée Détective, en 1928, Joseph Kessel déclare : "Le crime existe, c'est une réalité, et pour s'en défendre, l'information vaut mieux que le silence". Les codes de ces revues, qui allient dans les récits et les images, suspens, drame, précision, cruauté, perversité, érotisme latent… contaminent les récits des écrivains, de leurs illustrateurs comme Rops, et d'artistes comme Klinger.

Les journaux illustrés servent également à dénoncer, avec Daumier ou Steinlen, le grand drame de ces pauvres gens broyés par un monde impitoyable.

Honoré DaumierLe Pardon

Les gens de justice


A Daumier également le rôle de présenter le monde de la justice. Avocats imbus d'eux-mêmes, juges réfractaires à toute compassion ("Sous la patte de velours du juge, on sent les ongles du bourreau" écrit Victor Hugo), victimes et/ou accusés perdus, la vision du caricaturiste est cinglante.

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