Félicie de Fauveau. L'amazone de la sculpture.

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La renaissance des arts décoratifs

Félicie de Fauveau ; Emile Jeannest, bronzierHausse-col de la duchesse de Berry© Patrick Durandet – Conseil général de Vendée – Conservation des musées / expositions
Admiratrice du sculpteur et orfèvre de la Renaissance Benvenuto Cellini, Fauveau se consacre comme lui à la sculpture et aux arts décoratifs, "à la fois statuaire, architecte et coloriste, embrassant l'art comme monument, comme décoration et comme industrie". Au-delà des frontières entre les disciplines, et sans mépris pour les menus objets du quotidien, Fauveau conçoit aussi bien des dagues d'apparat, des cadres de tableaux pour le prince Anatole Demidoff, que des bijoux ou des pommeaux de canne.

Elle ne sacrifie pas pour autant à la production sérielle rémunératrice : ses oeuvres sont le plus souvent uniques. Très exigeante sur le choix de ses collaborateurs, elle confie au prestigieux Honoré Gonon la fonte à la cire perdue de la Lampe de saint Michel. Le talent archaïsant de Fauveau est manifeste dans la délicate polychromie, la finesse, la préciosité et le foisonnement des détails : "quel labyrinthe que ces pygmées", écrit-elle de la clochette pour la grande-duchesse de Russie, dans laquelle elle a glissé un autoportrait sculptant une fenêtre et son frère Hippolyte travaillant à la clochette.

Princes et mécènes

Félicie de Fauveau ; Hippolyte de FauveauPied droit de la danseuse Fanny Elssler© Kunsthistorisches Museum Vienna
Attirés par l'hospitalité du grand-duc de Toscane et la douceur du climat, les aristocrates européens se pressent à Florence et rendent une visite incontournable au Studio Fauveau. Fidèle à son idéal monarchiste de droit divin, Fauveau travaille essentiellement pour des mécènes désireux de posséder des figures de saints malgré leurs confessions religieuses variées.
Parmi sa clientèle prestigieuse, les Russes occupent une place de choix. Après avoir reçu des commandes de la grande-duchesse de Russie Maria Nikolaevna (1819-1876), Fauveau est sollicitée par son père le tsar Nicolas Ier (1796-1855) dont elle approuve la gouvernance autocratique. Il lui rend visite dans son atelier en 1846 et commande pour la terrasse du palais Cottage de Peterhof une gracieuse Fontaine à la nymphe et au dauphin, rare exemple de nu dans l'oeuvre de Fauveau.

Pour la villa San Donato du prince Anatole Demidoff (1827-1891), Félicie et Hippolyte conçoivent décors et ornements mettant en valeur sa fastueuse collection, comme la base pour le Portrait d'Henri IV enfant de François-Joseph Bosio.

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