Allegro Barbaro. Béla Bartók et la modernité hongroise 1905-1920

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Bartók et le groupe des huit

Ödön MárffyPortrait de Jenı Kerpely© Photo Árpád Fákó/DR

A la fin de l'année 1909, l'exposition "Oeuvres nouvelles" consacre, à Budapest, la réunion de peintres aux pratiques pourtant diverses : Róbert Berény, Dezső Czigány, Béla Czóbel, Károly Kernstok, Ödön Márffy, Dezső Orbán, Bertalan Pór, Lajos Tihanyi.

Ils prennent le nom de "Huit" [Nyolcak] lors d'une seconde exposition en 1911, rythmée par les rencontres organisées par la revue Nyugat [Occident]. Peintres, écrivains et musiciens s'y retrouvent ; Bartók interprète ses propres compositions dans les salles d'exposition.
La proximité entre créateurs se traduit dans les oeuvres. Les Huit réalisent des portraits de leurs contemporains musiciens ou hommes de lettres : Jenő Kerpely est représenté par Ödön Márffy, Béla Bartók, Leó Weiner et Ignotus par Róbert Berény, Lajos Fülep par Lajos Tihanyi.

Leur intérêt s'élargit à d'autres domaines : au contact de Sándor Ferenczi, Berény découvre la psychanalyse dont on perçoit l'écho dans ses toiles (Nu assis dans un fauteuil, Idylle).
Ces artistes ont en partage la rudesse et la modernité de l'expression. Leurs détracteurs le comprennent bien quand ils critiquent en termes similaires Béla Bartók et l'écrivain Endre Ady et qualifient l'art des Huit d'"adysme pictural".

 

Bartók et les activistes

Róbert BerényAux armes ! Aux armes !© Róbert Berény

Le mouvement "activiste" s'exprime à partir de 1915, dans les revues A Tett [Action] puis MA [Aujourd'hui] dirigées par Lajos Kassák. Pour ce mouvement littéraire aux idées politiques radicales, les questions esthétiques deviennent un enjeu majeur.

Kassák découvre la musique de Bartók en 1913 : frappé par sa modernité, il donne à l'Allegro barbaro une valeur emblématique. Après sa rencontre avec le compositeur, il publie certaines de ses partitions et lui consacre un numéro spécial de MA en février 1918. Il inscrit ses créations musicales au programme des manifestations culturelles qu'il organise.

Sándor BortnyikLe Prince de bois© Photo György Darabos/DR
Autour de la revue gravitent des peintres inspirés par les mouvements d'avant-garde : expressionnisme (János Mattis Teutsch), cubisme (Béla Uitz, József Nemes Lampérth), constructivisme (László Moholy-Nagy). Sándor Bortnyik, le plus proche de l'univers musical de Bartók, réalise un ensemble d'oeuvres inspirées par le Prince de bois.
Après la chute de la République des Conseils (août 1919), Kassák et le "cercle MA" sont forcés d'émigrer, mais le mouvement subsiste à l'étranger et une nouvelle édition de la revue voit le jour à Vienne.

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