Crime et châtiment

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Eugène AtgetPrison du Cherche-Midi© Ecole nationale supérieure des beaux-arts, Paris

Le panoptique / le bagne


C'est pour en finir avec les sombres cachots où croupissaient les condamnés à un état bestial ou foetal représentés par Goya et Redon, que Jeremy Bentham invente le panoptique. Un système architectural fondé sur l'utopie selon laquelle, d'un point central chaque homme est soumis au regard permanent, à la surveillance, d'un seul autre. Cette invention qui semble un progrès offre également la perspective d'un monde où toutes les actions sont contrôlées.

A partir de 1827, le modèle de Bentham est mis en place en France sans pour cela remplacer les prisons, comme Sainte-Pélagie réservée aux femmes dans laquelle Steinlen effectue un reportage dessiné et où s'entassent 5 à 10 prisonnières par cellules.

Victor HugoEcce, le pendu© Maisons de Victor Hugo / Roger-Viollet

La peine de mort


Les textes, les discours et les dessins de Victor Hugo offrent sans doute les plaidoyers les plus forts et les plus passionnels que le XIXe siècle a produits contre la peine de mort.

Régie selon un rituel qu'un artiste comme Emile Friant restitue avec curiosité et force détails, ou que d'autres, comme Toulouse-Lautrec ou Félix Vallotton synthétisent avec effroi, l'exécution capitale s'impose dans le débat artistique jusqu'à Warhol qui, ne montrant que la chaise électrique, sans bourreau, sans condamné, résume la sourde horreur de toute exécution.

AnonymeDésiré Landru© DR

Le crime et la science


A l'âge du positivisme, la science s'empare des criminels avec la certitude que le crime peut s'expliquer, le criminel se deviner.
Benedict-Augustin Morel établit la théorie de la dégénérescence qui remet en cause celle du libre arbitre. Cette théorie sous-tend Physionomies de criminels et La petite danseuse de 14 ans de Degas. Les jeunes garçons, comme Abadie, Knobloch et Krial, au procès desquels l'artiste assiste en 1880, élevés dans des milieux populaires et ouvriers de Paris deviennent des assassins. Le petit rat de l'Opéra, aux origines similaires, est une prostituée.
Se pose alors la question de la responsabilité du mal. Punir ou soigner ?

Alphonse Bertillon pose les bases de l'identification judiciaire. Il s'agit de repérer les récidivistes grâce aux photographies de face et de profil, de relever les caractéristiques invariables (couleur de l'iris, tatouages…) puis de classer ces données, non plus selon un ordre alphabétique, mais selon celui de mesures physiques. L'identité corporelle prend le pas sur l'identité de l'âme.

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