Une passion française. La collection Marlene et Spencer Hays

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Chefs-d'oeuvre symbolistes et Nabis

Edouard VuillardLes premiers pas© Droits réservés
Au début des années 1980, les Hays sont attirés par les tableaux de Bonnard, Maurice Denis, Maillol, Ranson, Vuillard dont la peinture traduit les arcanes de la pensée, la vibration des sentiments et la complexité des rapports humains.
Le groupe des Nabis s'est constitué au début des années 1890 pour défendre un art symboliste et décoratif en opposition à une imitation de la réalité à travers des formules toutes faites. Les Nabis inventent un nouveau langage esthétique permettant de donner un équivalent du réel et de suggérer la spiritualité, la poésie ou le rêve à l'aide de lignes sinueuses, d'aplats de couleur, d'oppositions d'ombre et de lumière, de perspectives réduites à deux dimensions. Leurs compositions sont parfois difficiles à décrypter au premier coup d'oeil.

Ce mystère plaît aux Hays qui achètent des toiles exceptionnelles, comme le septième panneau des Jardins publics de Vuillard, dont le musée d'Orsay conserve cinq autres compositions sur neuf. Les Fillettes se promenant, représentant deux apprenties de l'atelier de couture de la mère de Vuillard dans le Jardin des Tuileries, rejoint leur collection en 2008. Elles sont toujours aujourd'hui l'une de leurs toiles favorites.

Un paravent japonisant, oeuvre majeure de jeunesse de Bonnard, avait été démantelé avant d'être réuni et acheté par les collectionneurs qui possèdent également des panneaux décoratifs de Maurice Denis, Le Printemps et L'Automne conçus pour une double porte de la salle de réception de la demeure du directeur de La Dépêche de Toulouse, Arthur Huc, ami de la première heure et soutien des Nabis.

Deux compositions magistrales de Redon, La Fleur rouge – ayant appartenu à Maurice Denis – et Vase de fleurs et profil, complètent cet ensemble symboliste et nabi qui vient de s'enrichir de deux nouvelles acquisitions : Le Goûter au Pouldu de Maurice Denis et Les Lavandières de Maillol.

Au temps des Fauves

Amadeo ModiglianiPortrait de Chaïm Soutine© Droits réservés
L'art français du début du XXe siècle séduit les Hays par ses couleurs intenses qui constituent une ode à la vie. Le rouge de la cape d'Arlequin à la guitare de Derain, le carmin des bas du modèle aux babouches jaunes de Marquet, les fleurs des broderies d'un portrait de femme par Matisse vibrent d'une sensualité que l'on retrouve dans les formes pleines de L'Eté de Maillol, un bronze réalisé en 1911 du vivant de l'artiste.

La féminité triomphante de l'allégorie contraste avec l'attitude recroquevillée de la Petite Eve conçue par Rodin pour La Porte de l'Enfer. Dina Vierny qui posa pour la plupart des sculptures de Maillol est également le modèle d'une série de nus exécutés à la sanguine dont certains sont présentés dans la dernière salle de l'exposition.
Refusant de s'enfermer dans une histoire de l'art linéaire, les Hays privilégient les regards croisés et les dialogues entre les artistes.
En 2001, ils achètent le Portrait de Soutine par Modigliani peint sur une porte dans l'appartement du marchand Léopold Sborowski (1889-1932). Ce portrait réalisé en une séance constitue le témoignage émouvant d'un artiste fragile et misérable au temps de la bohème à Montparnasse.

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