Musée d'Orsay: Manet, inventeur du Moderne

Manet, inventeur du Moderne

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Edouard ManetLa Seine à Argenteuil© Private Collection, on extended loan to the Courtauld Gallery, London

Impressionnisme piégé

En mai 1874, Manet s'est résolument tenu à l'écart de la première exposition de ceux qu'une partie de la presse raillera en les taxant d'impressionnisme... Il passait pourtant alors pour leur "chef", désignation dont certains de ses amis vont s'emparer afin de renforcer son autorité.
C'est le cas de Mallarmé, dont le peintre se rapproche dès 1873. Reste que le langage de Manet a évolué depuis la fin de la guerre franco-prussienne et de la Commune, deux événements qui l'ont touché de près.

Palette plus claire et écriture plus vibrante. On aura tort de les expliquer par la seule influence de ses amis Monet et Renoir. Cette libération chromatique et formelle s'était fait jour, dès le milieu des années 1860, à travers ses marines les plus sobres et les plus proches du monde de Whistler. Plutôt que d'adopter l'esthétique émergente, Manet va l'adapter à ses visées, dont le Salon - espace public par excellence - reste le lieu idéal.

Edouard ManetAu père Lathuille© Collection du Musée des Beaux-Arts de Tournai, Belgique

Le tournant de 1879

Le virage fut d'abord politique après l'élection de Jules Grévy. Le Salon change d'atmosphère sans tarder.
Cette situation nouvelle va précipiter l'évolution de Manet, forme et fond. Chez le Père Lathuille (Tournai, musée des Beaux-Art), qui enchanta Huysmans au Salon de 1880, échappe à l'éthique un peu démonstrative des romans de Zola, qui semblent avoir beaucoup plu à Manet. Lui n'a jamais prétendu juger les moeurs contemporaines. Mais il n'en pas moins cultivé ses relations avec le milieu de l'éditeur Charpentier, que le succès de Zola a enrichi au point de pouvoir lancer La Vie moderne.

Edouard ManetLa liseuse© The Art Institute of Chicago
C'est à la fois une revue illustrée et une galerie, ouvertes toutes deux à la nouvelle peinture, Renoir, Monet et Manet lui-même. En avril 1880, ce dernier y réunit une vingtaine de tableaux et de pastels.

Autant qu'un bilan, comme le portrait de Constantin Guys (1879, collection privée) l'atteste, c'est une sorte de petit manifeste.
La forte présence de scènes de brasserie et de music-hall, le grand nombre surtout de mondaines et demi-mondaines frappa les contemporains : Manet se montrait là "sous un jour tout nouveau comme peintre de femmes élégantes" (Philippe Burty).

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