Crayon, encre ou terre cuite, esquisses d'Henri Chapu (1833-1891)

Sculpture
Henri ChapuJeanne d'Arc à Domrémy© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Prix de Rome en 1855, Henri Chapu est un sculpteur dont l'élection à l'Académie des Beaux-arts, le 23 novembre 1880, couronne la carrière officielle ; elle s'illustra notamment par la Jeanne d'Arc (plâtre au Salon de 1870), célèbre symbole de l'espoir de revanche sur l'Allemagne. Chapu partage alors son activité entre les commandes officielles et monuments publics, et les commandes privées. Celles-ci comprennent des portraits et des figures décoratives mais c'est dans le genre funéraire qu'il réussit le mieux. On disait d'ailleurs que "l'idéal, quand on veut laisser une trace immortelle, consiste à être ensépulturé par M. Chapu" !

Comme d'autres sculpteurs, Chapu dessine autant pour son plaisir que pour l'ébauche de son oeuvre. Il fait un large usage de carnets sur lesquels il note adresses, scènes de rue ou idées de composition, au crayon et surtout à l'encre. Une fois passée la période de jeunesse, ces dessins n'ont rien de sculptural à proprement parler, étant surtout des recherches de gestes et d'attitudes. Pour Chapu, le dessin est créateur : en répétant les mêmes lignes, en les modifiant imperceptiblement d'une feuille à l'autre, sa main trouve d'elle-même, peu à peu, la forme juste. Des dizaines de croquis pour Le Christ aux anges, L'Espérance ou les monuments de Balzac, entre autres, permettent ainsi d'en suivre les étapes : bien que les maquettes en trois dimensions sont rarement définitives pour la mise en place des formes et des volumes.

Henri Chapu aurait pu dire comme Rodin, en 1895 : " Mes moyens naturels sont la terre et le crayon ".

Commissaire de l'exposition

Antoinette Le Normand-Romain, conservateur sculpture au musée d'Orsay

22 octobre 1991 - 12 janvier 1992
Musée d'Orsay

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