"L'Age mûr" de Camille Claudel

Sculpture
Camille Claudel L'Age mûr© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Thierry Ollivier
Le musée d'Orsay aurait du avoir deux oeuvres majeures de Camille Claudel. en tant qu'héritier du musée du Luxembourg mais n'avait rien avant d'acquérir en 1982 l'Âge mûr (le premier bronze, fondu du vivant de l'artiste, considéré comme une oeuvre de génie) et en 1988, le torse de Clotho, en plâtre, pour évoquer "cette destinée fileuse de son propre écheveau, cette vieillarde gothique telle une araignée emmêlée avec sa propre toile" (Paul Claudel, 1951) dont le marbre de 1895 avait disparu du musée du Luxembourg après 1913.


De la Clotho, la plus jeune des Parques qui file nos jours à L'Age mûr, la tragédie est à jamais nouée ; les deux autoportraits exposés pour l'occasion prennent en compte cette dimension temporelle. La Parque, qui embrouille les fils de sa propre vie était un autoportrait prémonitoire ; l'Age mûr, un autoportrait contemporain de sa séparation avec Rodin. Si L'Age mûr (exposé en plâtre en 1899 au Salon de la Nationale) émerveille des sensibilités fort diverses, c'est parce que cette statue peut s'interpréter comme une oeuvre funèbre et religieuse, comme un lieu de mémoire et de mise en scène.


Le catalogue de cette exposition procédait par accumulation, pour confronter écrits, souvenirs et articles critiques aux oeuvres présentées, peu nombreuses mais de qualité exceptionnelle.

Commissaire de l'exposition

Anne Pingeot, conservateur en chef au musée d'Orsay

27 septembre 1988 - 8 janvier 1989
Musée d'Orsay

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