Musée d'Orsay: Mallarmé et la musique

Mallarmé et la musique

sculpture
Paul GauguinL'Après-midi d'un faune© photo Vulaines-sur-Seine, musée départemental Stéphane Mallarmé, Magdeleine Bonnamour
Les rapports entre Mallarmé et la musique sont multiples. Attiré par cet art, il assistait régulièrement à des concerts, accompagné parfois de Debussy, et put découvrir le grand répertoire symphonique ainsi que l'opéra. Cette admiration s'étendit également à la notation musicale qu'il décrivit comme "processions macabres de signes sévères, chastes, inconnus".


L'attrait des musiciens pour son oeuvre n'est donc pas surprenant. Simples accompagnements de paroles, partitions dédicacées avec dévotion, chefs-d'oeuvre inspirés de ses poèmes et pensées, composés à toutes les époques, sont montrés dans l'exposition afin d'illustrer la multiplicité des relations entre Mallarmé et la musique qui ne cessèrent de grandir.


Le chef-d'oeuvre de Debussy, le Prélude à l'Après-midi d'un faune, évocation du célèbre poème, marqua un événement important dans la perception de Mallarmé par les musiciens.

Plus tard, Milhaud , Sauguet, Freitas-Branco, Hindemith, mais aussi, Maurice Jaubert et Pierre Vellones abordèrent l'oeuvre de Mallarmé. On retrouve la notion d'évocation chez des compositeurs aussi divers que Gilbert Amy ou Sylvano Bussotti.


Ce n'est qu'après la seconde guerre mondiale que le potentiel structurel et intellectuel de Mallarmé fut exploité par les compositeurs. Cet intérêt pour la structure et la formalisation coïncida, dans les années cinquante, avec les tendances aléatoires développées et présentées aux cours d'été de Darmstadt où se retrouvèrent, entre autres, Boulez, Stockhausen et Bussotti.

Boulez fit part de sa découverte du Livre de Mallarmé à Stockhausen après avoir commencé la composition de la Troisième sonate. Cette transposition musicale du Livre, incluait les notions de hasard et de forme ouverte que d'autres compositeurs dont Stockhausen utilisaient à la même époque, sans référence directe à Mallarmé. Klavierstück XI, Zyklus et Refrain, présentées dans l'exposition et jouées en concert, furent conçues comme oeuvres à forme ouverte dont le parcours emprunté par l'interprète est libre.


En 1998, les deux commandes à l'occasion du centenaire, prolongent la multiplicité des rapports entre Mallarmé et la musique. Voiles de Denis Cohen, pour cinq instruments, voix enregistrée et dispositif électronique combine un fort degré de formalisation avec une présence constante du poème chanté. Chez Bussotti, la partition-objet de Questo fauno pour trois instruments, voix de basse et récitant, perpétue le thème du faune.

Commissaire

Pierre Korzilius, responsable des activités musicales au musée d'Orsay.

29 septembre 1998 - 31 janvier 1999
Musée d'Orsay

salle 21


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