Photographies de Philippe, duc d'Orléans

photographie
Duc Louis-Philippe d'OrléansCavalier sur une plage© RMN
A l'automne 2000, dans une vente publique parisienne le musée d'Orsay a fait l'acquisition de plus de 250 épreuves, réalisées par Philippe duc d'Orléans (Twickenham, 1869- Palerme, 1926) vers 1905 et provenant la succession prince Henri d'Orléans, comte de Paris.

Philippe, duc d'Orléans est surtout resté dans l'Histoire pour être retourné en France, en 1890, bravant ainsi les lois d'exil qui, depuis 1886, en tenaient la famille royale éloignée. Arrêté après s'être présenté au bureau de recrutement de Paris pour faire son service militaire (ce qui lui valut le surnom de "prince gamelle"), il fut condamné à deux années d'emprisonnement et expulsé. Prétendant au trône de France depuis la mort de son père, en 1894, il vécut l'essentiel de sa vie en Angleterre. Marié en 1896 à l'archiduchesse Marie-Dorothée d'Autriche, il mourut sans descendance en 1926. Ses droits dynastiques passèrent alors à son cousin Jean, duc de Guise, père du Prince Henri d'Orléans.

Grand voyageur -Inde, Ethiopie, Arctique-, chasseur, ornithologue et taxidermiste, Philippe, duc d'Orléans a laissé plusieurs centaines de clichés pris lors de ses nombreux séjours dans divers pays européens. Plusieurs séries le montrent participant aux passe temps privilégiés de l'aristocratie européenne du début du XXe siècle : randonnées à cheval, chasse, jeux nautiques, pique-niques, promenades en automobile, près de Palerme ou de Séville, dans le delta du Guadalquivir ou en Bulgarie, ou encore sur son second yacht, la Belgica.

Si certaines images ont vraisemblablement été prises par divers membres de son entourage, amis ou parents – sa soeur la reine Amélie, épouse du roi Carlos du Portugal, étant elle-même photographe amateur-, la majorité des épreuves semble bien être l'oeuvre du duc d'Orléans lui-même. Dans la plupart de ces instantanés, pris à l'aide d'un des petits appareils panoramiques Kodak qui apparaissent sur le marché à partir de 1899-1900 (probablement le Kodak Panoram n°3 ou 4) et qui permettent d'obtenir des angles de 110 à 140 degrés, il se révèle d'ailleurs un photographe amateur hors pair, maniant son appareil avec virtuosité, à la fois horizontalement et verticalement, manifestant un sens très sûr de la composition et de la construction de l'image en nombreux plans successifs, jouant parfois avec facétie des distorsions induites par le grand angle.

Commissaires

Françoise Heilbrun, conservateur en chef au musée d'Orsay et Quentin Bajac, conservateur au musée d'Orsay

12 novembre 2001 - 2 février 2002
Musée d'Orsay

salle 49


Augmenter la taille du texte Réduire la taille du texte Envoyer à un ami Imprimer
Facebook
Google+DailymotionYouTubeTwitter