Renoir, chefs-d'oeuvre des musées d'Orsay et de l'Orangerie

Tableau
Pierre-Auguste RenoirLa balançoire© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
"L'inconvénient de l'Italie, […], c'est que c'est trop beau", déclarait Pierre-Auguste Renoir, non sans goût du paradoxe, au soir de sa vie. L'artiste a n'effectué qu'un seul séjour dans ce pays, au cours de l'hiver 1881-1882.
Durant un peu moins de quatre mois, il visite Venise, Florence peut-être, Rome, Naples, la Calabre, Capri et Palerme. Ce voyage, qu'il qualifie lui-même de "grande date dans [son] évolution", est riche en découvertes esthétiques, qui viennent conforter intuitions et admirations passées, tout en infléchissant et nourrissant durablement son art : "On revient toujours à ses premières amours, mais avec une note en plus", résumera-t-il.
Si l'Italie et son art occupent donc une place déterminante dans la carrière de Renoir, la peinture de ce dernier n'est pratiquement pas visible dans la péninsule. Cette exposition constitue ainsi pour le public transalpin une occasion rare de pouvoir admirer près d'une soixantaine de peintures de Renoir, venues des collections des musées d'Orsay et de l'Orangerie.

Auguste RenoirClaude Renoir en clown © RMN-Grand Palais (Musée de l'Orangerie) / Franck Raux
La sélection proposée à Turin veut retracer le parcours du maître de l'impressionnisme dont la carrière débute au milieu des années 1860, l'époque des débuts à Paris et de la rencontre avec Monet, Bazille, Cézanne, Degas, Pissarro et Manet. Au cours des années 1870, il livre quelques-uns des plus célèbres et accomplis instantanés de la vie moderne, à travers ses portraits, ses scènes de loisirs ou ses paysages de plein air lumineux.
A partir des années 1880, il se tourne vers des sujets plus atemporels, annonçant les recherches qu'il poursuivra jusqu'à sa mort, en 1919. Durant de cette dernière période, dominée par les figures de nus féminins, son style évolue en se nourrissant de références à l'art classique, ce qui contribue à faire de l'impressionnisme un "art solide et durable comme celui des musées", selon la belle formule de Cézanne.

Les chefs-d'oeuvre rassemblés attestent ainsi, au-delà de la formule convenue de peintre du bonheur qui lui est trop souvent accolée, que Renoir fut un artiste toujours au défi, en perpétuelle quête de renouveau, tout à la fois impressionniste bouleversant les règles de la représentation et amoureux de la belle tradition.

 

Commissariat

Sylvie Patry, conservateur en chef au musée d'Orsay
Riccardo Passoni, directeur-adjoint de la Galleria Civica d'arte moderna e contemporanea di Torino

23 octobre 2013 - 23 février 2014

Turin, Galleria Civica d'arte moderna e contemporanea

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