Le cabaret du Chat Noir (1881-1897)

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Henri RivièreMembres du Chat noir conversant à une table© ADAGP, Paris © RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / DR
Le musée d'Orsay a présenté une exposition consacrée au cabaret du Chat Noir, lieu de rencontre du Tout-Paris à la fin du siècle dernier, où se regroupèrent poètes, chansonniers, littérateurs et peintres. Situé au bas de la colline de Montmartre, au sein d'un quartier où abondaient cafés, bals et cirques, ce cabaret évoquera, au fil des ans, la bohème et le plaisir.


L'ambiance et le succès du Chat Noir reposent avant tout sur la présence et la personnalité de Rodolphe Salis (1851-1897) qui eut le génie de concevoir son café comme un cabaret artistique et de créer un genre nouveau que le public attendait, au point d'en faire un lieu convoité par tous ceux qui faisaient preuve de curiosité littéraire ou artistique. Poète, extraordinaire bonimenteur, mais aussi organisateur et meneur d'hommes, Rodolphe Salis a su s'entourer des meilleurs jeunes talents.


Trois aspects du Chat Noir ont été évoqués dans cette exposition-dossier :
La revue, tout d'abord, qui a paru plus de dix ans (1882-1895), longévité remarquable pour l'époque, a su parfaitement incarner l'esprit fin-de-siècle et ses multiples facettes : naturalisme, symbolisme, néo-mysticisme, le tout mêlé d'une pointe d'ironie et de fumisterie.

Née en plein essor de la presse illustrée, la revue peut aussi être considérée comme un maillon essentiel dans l'histoire de la bande dessinée.

La chanson de cabaret, ensuite, vit véritablement le jour au Chat Noir. Elle est un fait social de la vie montmartroise de l'époque.

Enfin, le Chat Noir et le théâtre d'ombres resteront toujours associés. En ouvrant son théâtre d'ombres, Salis ne faisait que reprendre une vieille tradition remontant à l'Antiquité : raconter une histoire par l'image devant une toile tendue. Accompagné d'Henri Rivière, qui en fut l'inventeur, ils créèrent ensemble un spectable de qualité, un théâtre d'ombres en couleurs.

Poussant ce spectacle et cette technique à leur apogée, ils réalisèrent de véritables merveilles, approchant du tableau et du vitrail : 45 pièces ont été jouées.

Commissaire de l'exposition

Mariel Oberthür, historienne de l'art, ancien conservateur du musée de Montmartre

25 février - 31 mai 1992
Musée d'Orsay

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