Les décors des Nabis 1890-1900. Un frisson nouveau

Paul RansonPrintemps© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
La contribution des Nabis aux arts décoratifs, pourtant essentielle, est encore méconnue. La question du décoratif comme principe fondamental de l'unité de la création s'imposa au moment de la formation du groupe à la fin des années 1880 chez ces artistes qui voulaient abattre la frontière entre beaux-arts et arts appliqués.

Véritables pionniers du décor moderne, Bonnard, Vuillard, Maurice Denis, Sérusier, Ranson, Vallotton, ont défendu un art en lien direct avec la vie. Ils créèrent des oeuvres originales, joyeuses et rythmées, destinées à agrémenter les intérieurs contemporains en réaction à l'esthétique du pastiche alors en vogue.

L'art décoratif des Nabis ne répond à aucune doctrine esthétique préexistante mais exprime la fantaisie imaginative des artistes et l'audace de leurs recherches formelles. Cette expérience d'art total est basée sur le décloisonnement des techniques et l'influence du Japon. Fascinés par les estampes japonaises découvertes à l'occasion d'une exposition à l'Ecole des beaux-arts de Paris en 1890, les Nabis s'inspirèrent de ces images planes pour interpréter la réalité. En proscrivant l'imitation illusionniste et en affirmant la bi-dimensionnalité naturelle du support, ils développèrent un art ornemental aux formes simplifiées, aux lignes souples, aux motifs sans modelé saturant l'espace. Leurs compositions se caractérisent par l'emploi de couleurs vives, des lignes ondulantes, une perspective sans profondeur, des formes soulignées d'un cerne pour mieux les détacher du fond. Les Nabis reçurent de nombreuses commandes pour des décors privés ou pour la galerie de l'Art nouveau, dont certains reconstitués à l'occasion de cette exposition.

Commissaires

Isabelle Cahn, conservatrice générale au musée d'Orsay
Guy Cogeval, directeur du Centre d'études des Nabis et du symbolisme


Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux et l'Etablissement public des musées d'Orsay et de l'Orangerie.

12 mars - 30 juin 2019

Paris, musée du Luxembourg


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