Premières loges

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Eva GonzalèsUne loge aux Italiens© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Au XIXe siècle, les théâtres "à l'italienne" permettent à la fraction la plus aisée du public d'utiliser les salles de spectacle comme des lieux de représentation mondaine.


Les loges, louées à l'année, sont autant de salons où la bonne société vient se montrer, s'observer et traiter ses affaires. Le spectacle donné sur scène n'est qu'un élément secondaire. Il est de bon ton d'arriver tard, de parler haut et de diriger ses lorgnettes plus vers la salle que vers la scène. Les femmes installées à l'avant font admirer leur toilette, tandis que les hommes, souvent debout, se déplacent d'une loge à l'autre. Conversations et badinages vont bon train : il est commode de tirer le rideau ou de se réfugier dans les salons attenants. Meublés par les abonnés, ornés de glaces, voire de tableaux, ces salons sont des enclaves privées et intimes.


La loge est avant tout un lieu de représentation sociale. Les salles du XIXe siècle privilégient le spectacle de la vie mondaine au détriment de celui de la représentation lyrique ou dramatique. Aussi, les artistes rêvent-ils d'autres salles, "conçues exclusivement pour ceux qui veulent regarder", comme l'écrit Richard Wagner. Le "Festspielhaus" de Bayreuth, avec son petit nombre de loges de face, sera, en 1876, l'aboutissement de cette revanche des artistes sur la futilité du public.

Commissaires de l'exposition

Jean-Claude Yon, chargé de recherche au musée d'
Orsay et Aline Dardel, documentaliste à la bibliothèque-musée de l'Opéra

11 janvier - 12 juin 1994
Musée d'Orsay

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