Le chant du cygne. Peintures académiques du musée d'Orsay

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William BouguereauLes Oréades© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Après plusieurs décennies de mépris ou de désintérêt, les peintres dits "pompiers" ont à nouveau bénéficié de recherches scientifiques à partir des années 1970-1980 avec, notamment, les travaux pionniers de Bruno Foucart, Gerald Ackerman ou encore Robert Rosenblum. Plus récemment, des expositions monographiques comme celles consacrées à Jean-Paul Laurens, Alexandre Cabanel, Jean-Léon Gérôme… ainsi que d'importants ouvrages de recherche universitaire, ont contribué à renouveler en profondeur le regard porté sur un pan méconnu de l'art français.

Disposant d'un espace d'exposition au coeur de Madrid, la fondation Mapfre offre au musée d'Orsay l'opportunité d'organiser pour la première fois une exposition autour de ses peintures académiques, afin de donner au public l'occasion d'apprécier, à la lumière des connaissances nouvelles, cette peinture si longtemps décriée. A partir des thèmes du nu, de l'histoire, du mythe, du portrait, de la peinture religieuse et du paysage historié, le parcours met en évidence la richesse de styles, de choix esthétiques et de sujets, ainsi que l'évolution permanente d'un art réputé à tort statique, conventionnel et ennuyeux.

Il s'agit de mesurer également la perméabilité des artistes traditionnels aux tendances réalistes, orientalistes ou symbolistes de leur temps. Le dialogue ponctuel avec certaines oeuvres de Courbet, de Renoir ou encore de Puvis de Chavannes permet de considérer les échanges mutuels entre les artistes fidèles aux traditions et ceux de l'avant-garde, et de moduler la vision trop antagonique que nous en avons. Avec le rassemblement temporaire de nombreux dépôts consentis par le musée d'Orsay aux musées régionaux, l'exposition donne l'occasion de revoir une collection habituellement dispersée sur le territoire français. Constituée majoritairement d'achats ou de commandes de l'Etat aux artistes de la seconde moitié du XIXe siècle, cette collection permet aussi de prendre conscience du rôle que jouait alors le musée du Luxembourg, "galerie nationale des artistes vivants".

Commissariat

Côme Fabre, conservateur au musée d'Orsay

14 février - 3 mai 2015

Madrid, Fundación Mapfre


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