Depuis une trentaine d'années, les études consacrées à l'art américain, et aujourd'hui cette exposition, n'ont eu de cesse de souligner l'importance de Thomas Eakins dans l'histoire peinture américaine.
Natif de Philadelphie, Eakins débuta sa formation artistique à l'aube des années 1860. La peinture américaine était alors largement dominée par le paysage, notamment l'Ecole de l'Hudson, perçue comme la première expression artistique typiquement nationale.
Eakins s'inscrivit en 1862 au cours du soir de dessin de l'Académie de Pennsylvanie où après la copie d'après antiques, il fut admis en classe de nu pour dessiner d'après modèle. A la même époque, il étudiait l'anatomie au Jefferson Medical College, envisageant un temps de se consacrer à la chirurgie.
Cristallisée autour du corps humain, l'alliance de la science et de la représentation scella de façon définitive la vision du monde qu'Eakins allait désormais explorer.
Afin de suivre une formation académique plus poussée qu'il ne pouvait trouver à Philadelphie, Eakins partit pour Paris en septembre 1866 et y demeura quatre ans, devenant ainsi un des tous premiers artistes américains à venir compléter son initiation artistique au coeur de la vieille Europe. Admis dans l'atelier de Gérôme à l'Ecole des Beaux-Arts, Eakins y perfectionna l'étude sur le vif du nu, le modelage pour mieux appréhender l'anatomie, puis surtout l'apprentissage de la peinture. Il suivit également les cours du sculpteur Dumont et ceux donnés par Léon Bonnat dans le cadre de son atelier privé. Certainement encouragé par la passion de Bonnat pour Velasquez et Ribera, Eakins termina son séjour en Europe par un voyage de six mois en Espagne, pèlerinage obligé de tous les tenants du réalisme des années 1860.