Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, la fièvre de construction qui conduit à l'émergence du "Paris moderne" fait naîtred'innombrables projets qui ne furent jamais exécutés. Aujourd'hui, dessins, gravures ou photographies témoignent de ce "Paris tel qu'il aurait pu être". Certains de ces projets suggèrent des ruptures radicales et semblent imaginaires. D'autres, au contraire, sont étonnamment proches de la réalité. Sages ou fous, tous constituent une des facettes de l'histoire de la capitale.
Le passage par le dessin est une des étapes traditionnelles de la pratique architecturale. En amont de la construction proprement dite, ces projets annoncent le bâtiment final tout en s'en distinguant. De telles variations font partie depuis longtemps du métier d'architecte, mais au XIXe siècle, ce phénomène prend une ampleur sans précédent. En effet, le système de la commande publique mis en place après la Révolution française oblige les architectes à décliner leurs idées en fonction des nouvelles contraintes : techniques, financières, administratives, politiques ou idéologiques. Il donne la possibilité à la maîtrise d'ouvrage de "corriger" le projet ou d’organiser des concours. Les architectes s'adaptent aussi aux progrès de l'industrie qui remettent en cause des références esthétiques traditionnelles. Un ensemble de dessins présentés dans cette exposition illustre les multiples déclinaisons dont un bâtiment a pu faire l'objet, alternatives saisissantes ou à peine perceptibles.