Musée d'Orsay: Orsay avant Orsay

Orsay avant Orsay

Parcours à travers les collections du musée du Luxembourg

Le musée d'Orsay, héritier du musée du Luxembourg

Tableau
Jean-Léon Gérôme (1824-1904)Jeunes Grecs faisant battre des coqs© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
En 1818, ouvrait, à Paris, dans le prestigieux palais du Luxembourg, le premier musée européen dédié à l'art contemporain. Il avait pour objectif de rassembler les oeuvres les plus représentatives de chaque artiste, celles les plus aptes à donner l'exemple et susciter l'émulation. Toutes avaient vocation à quitter les cimaises du musée pour, en ce qui concerne celles dont le temps avait confirmé la valeur, rejoindre le musée du Louvre.

Afin d'assurer une juste représentation et d'éviter l'engorgement, seuls les artistes morts depuis moins de dix ans pouvaient y être représentés par au plus trois oeuvres - règles difficiles à appliquer, tant par crainte de froisser les artistes et leurs cercles qu'en raison du développement du marché de l'art ou encore de la volonté des conservateurs de proposer au sein du musée une vision historique des arts. Les ambitions du musée furent aussi affectées par sa complexité administrative qui le faisait dépendre de la direction des musées, de l'administration dédiée aux artistes vivants et du Sénat. Il ne put pour ces raisons que partiellement accueillir les avant-gardes, ce qui lui valut d'être contesté dès la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu'à sa fermeture en 1937.

Depuis son ouverture en 1986, le musée d'Orsay rassemble les principaux chefs d'oeuvre acquis par le musée du Luxembourg durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle.

A l'occasion du bicentenaire de l'ouverture du musée du Luxembourg, ce parcours rappelle l'histoire riche, parfois complexe de ces oeuvres. Elle est marquée par des libéralités exceptionnelles, à l'instar du legs du peintre Gustave Caillebotte, et témoigne de l'engagement de conservateurs remarquables comme Philippe de Chennevières (1820-1899) ou Léonce Bénédite (1859-1925) qui souhaitèrent, malgré ces contraintes, faire du musée le reflet le plus juste de l'art du XIXe siècle.

Le musée du Luxembourg en quelques dates

1750-1780

Le palais du Luxembourg accueille le premier musée ouvert au public, comprenant à côté des tableaux de Rubens commandés par Marie de Médicis, quelques-uns des grands chefs-d'oeuvre des collections royales.

1802

Le musée dont le rôle est consolidé par le transfert à Paris de chefs-d'oeuvre provenant des pays occupés pour lesquels le Louvre est trop étroit est réouvert.

1818

Ses collections ayant été réduites par l'obligation de rendre les oeuvres aux pays vainqueurs suite au Traité de Vienne, le musée est dédié à l'art contemporain. Il est dirigé par un élève de David, le peintre Jean Naigeon qui, à l'instar de son fils, conservateur du musée de 1837 à 1867, travaille dans l'ombre des conservateurs du Louvre.

1867

Historien d'art et collectionneur éclairé, Philippe de Chennevières prend la tête du musée où il mène une politique éclairée qui lui permet d'affirmer son autonomie.

1879

Frère du célèbre astronome François Arago, homme de théâtre, exilé pour ses convictions politiques pendant les dix premières années de l'Empire, éphémère maire de Paris au début de la guerre franco-prussienne et collectionneur, Etienne Arago dirige le musée du Luxembourg.

1886

Le musée du Luxembourg est contraint de se déplacer dans l'Orangerie du Sénat. Bien qu'agrandi d'un corps de bâtiment ouvert sur la rue de Vaugirard, le bâtiment est avant même son ouverture considéré comme si étroit qu'est instaurée la règle suivant laquelle les artistes ne devaient pas être représentée par plus de 3 oeuvres.

1892

Léonce Bénédite, conservateur adjoint depuis 1886, est nommé conservateur du musée en 1892 ; il fonde une section dédiée aux objets d'art et mène une politique de publication, d'acquisition et de présentation des oeuvres fondée sur une approche historique de l'art contemporain.

1896

Grâce au legs de Gustave Caillebotte, les peintres impressionnistes se trouvent présentés au Luxembourg dans une salle spécialement aménagée à cet effet qui consacre l'importance historique de ce mouvement.

1903

Pour pallier les finances réduites du musée du Luxembourg et mieux associer au musée collectionneurs et marchands, est établie la Société des "Amis du Luxembourg" ayant pour mission de "contribuer à l'enrichissement du musée du Luxembourg en acquérant par ses propres ressources ou en obtenant des libéralités particulières des oeuvres dignes d'y prendre place".

1907

Léonce Bénédite établit un projet pour le déménagement du musée dans le séminaire Saint-Sulpice qui n'aboutira pas, laissant entier le problème de l'étroitesse des locaux qui est considérée depuis la fin du XIXe siècle comme un frein puissant à l'établissement d'un musée d'art contemporain digne de ce nom.

1922

Afin d'accueillir la collection dédiée aux écoles étrangères que Bénédite a activement constituée depuis son arrivée, le musée ouvre une annexe située dans le bâtiment du Jeu de Paume.

1929

A l'exception de 13 œuvres, les peintres de la seconde moitié du XIXe siècle quittent le Luxembourg ; les plus importants d'entre eux, dont les impressionnistes, rejoignent alors le musée du Louvre.

1930

Pour remplacer Charles Masson, successeur discret de Léonce Bénédite, est nommé l'historien de l'architecture Louis Hautecoeur, un partisan avéré des principes du classicisme qui mène d'importants travaux pour alléger la présentation de la collection.

1937

Le musée du Luxembourg ferme, en attente du déménagement des collections dans le Palais de Tokyo, conçu pour l'exposition internationale des arts et techniques de 1937.

Après sa fermeture, les collections du musée du Luxembourg ont été réparties entre le musée du Louvre et le musée national d'art moderne, qui a pris place au Palais de Tokyo à partir de 1942 puis à partir de 1977 au centre Georges Pompidou.

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Le parcours, les oeuvres

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Le musée d'Orsay conserve plus de 3 000 oeuvres provenant du musée du Luxembourg. Dans le cadre de ce parcours, près d'une quarantaine d'oeuvres, peintures, sculptures et objets d'art ont été retenus.

Ce parcours a été conçu dans le cadre d'un programme de recherche financé par le Labex Création, arts et patrimoines, porté par le musée national d'art moderne, en collaboration avec l'Institut national d'histoire de l'art et les Archives nationales. Ce programme a permis également la conception de l'exposition Histoire(s) d'une collection (musée national d'art moderne, 1er juin 2018-31mars 2019) et du colloque L'art contemporain et le musée : du musée du Luxembourg à aujourd'hui (1818-2018) qui aura lieu aux Archives nationales, au centre Georges Pompidou et au musée d'Orsay les 10 et 12 octobre 2018.

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