Crime et châtiment

Durée : 1h30

Le 30 septembre 1981, le garde des Sceaux et ministre de la Justice Robert Badinter obtenait l'abolition en France de la peine de mort. Deux siècles de luttes, de 1791 à 1981, avaient été nécessaires pour débattre du sens et de la valeur d'une peine qui, après avoir relevé de l'omnipotence d'un Dieu ou de l'autorité absolue d'un Roi, ne serait plus administrée, dans la logique des Lumières, que par l'homme et l'homme seul. Mais l'homme peut-il juger de l'action des hommes jusqu'à s'oter enfin ce pouvoir arraché à Dieu ? La figure du meurtrier, dans son énergie négative et sa complexité, est l'ombre portée du héros, sa part de transgression la plus dérangeante car la plus attirante. La contamination des arts visuels par le thème criminel, le fait-divers, constitue une des grandes données des XIXe et XXe siècles. La peinture en témoigne à foison: de La Justice et la vengeance divine poursuivant le crime de Prud'hon à la Némésis de Vallotton, de L'affaire Fualdès qui fascina Géricault, au Louvel de Delacroix, des pendus de Victor Hugo aux chaises électriques de Warhol. Les peintres les plus grands sont ceux chez qui la représentation exaspérée du crime ou de la peine capitale sont à l'origine des oeuvres les plus saisissantes, de Goya et Géricault à Lautrec et Picasso.
Au-delà du crime se pose encore et toujours le problème du Mal, et de la circonstance sociale, l'inquiétude métaphysique. esthétique de la violence, violence de l'esthétique, cette exposition, placée sous le commissariat de Jean Clair, ne saurait que les réconcilier en rassemblant des oeuvres sous l'invocation de Dostoïevski.

du 23 mars au 19 juin
du mardi au samedi à 11h30
le jeudi à 19h
(sauf les 1er, 8 mai et 13 mai)
Musée d'Orsay
Comptoirs d'accueil

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