L'oeuvre parle

Orsay rencontres
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Le 12 février 2012

27 novembre 2011 - 12 février 2012

Des spécialistes, historiens de l'art, conservateurs ou chercheurs, se réunissent pour analyser ensemble une oeuvre nouvellement entrée dans les collections du musée.


Le Cercle de la rue Royale de James Tissot

dim. 27 novembre 2011 - 16h00
Musée d'Orsay
Auditorium niveau -2

Jean-Yves Tadié, professeur émérite à la Sorbonne, Cyrille Sciama, conservateur, musée des Beaux-Arts de Nantes et Xavier Rey, conservateur des peintures, musée d'Orsay

James Tissot-Le Cercle de la rue Royale
James Tissot
Le Cercle de la rue Royale, 1868
©Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt/DR

Le Cercle de la rue Royale était composé principalement de membres de l'aristocratie royaliste. Une vingtaine d'années après sa fondation, douze de ses membres décidaient de commander à James Tissot (1836-1902) un portrait de groupe majestueux, pour lequel chacun cotise, un tirage au sort permettant de désigner son futur propriétaire. Le baron Hottinguer, assis sur la partie droite du canapé, remporte l'oeuvre. Proche des impressionnistes et ami de Degas, James Tissot évoque dans cette commande monumentale la vie artistique et mondaine sous le Second Empire. La description qu'en donne Marcel Proust dans La Prisonnière (A la recherche du temps perdu) a permis notamment d'inscrire le tableau dans notre mémoire visuelle collective.


Pièces de mobilier scandinave

dim. 8 janvier 2012 - 16h00
Musée d'Orsay
Auditorium niveau -2

Mattia Bonetti, designer, Philippe Thiébaut, conservateur général du patrimoine, musée d'Orsay et Fabienne Chevalier, chercheur associé à la conservation, musée d'Orsay

Stephan Abel Sinding-Banquette à dossier
Stephan Abel Sinding
Banquette à dossier, Entre 1890 et 1900
©Thierry Malty/DR

Stephan Sinding (1846-1922, Danemark) fut certainement l'un des sculpteurs scandinaves les plus renommés de son temps : Carl Jacobsen lui consacre une place de premier choix dans le musée qu'il fonde à Copenhague en 1888, la Ny Carlsberg Glyptotek, tandis que de nombreux et importants monuments commémoratifs lui sont commandés pour les villes de Bergen et Christiana (aujourd'hui Oslo).
Cette banquette se rattache par son décor au courant symboliste teinté de wagnérisme : faut-il voir dans le bas-relief ornant le haut dossier une allusion à Parsifal assailli par les filles-fleurs de Klingsor ou à Siegfried recueillant les plaintes des filles du Rhin ?

Lars Kinsarvik-Fauteuil
Lars Kinsarvik
Fauteuil, Modèle présenté à l'Exposition universelle de Paris, 1900
©Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt/DR

Ce modèle de fauteuil imaginé par Lars Kinsarvik (1846-1925, Norvège), présenté aux côtés d'un second modèle à l'Exposition universelle de Paris en 1900, constitue un bel exemple de ce qu'on appelait le style "Dragon" ou encore le style "Viking". Lars Kinsarvik s'impose comme l'un des champions du renouveau de la technique du bois peint et sculpté.
Les éléments composant la structure de ce fauteuil – montants et traverses du dossier, accotoirs, entretoise du piétement – sont littéralement transformés en totems et bas-reliefs d'où surgit tout un monde de légende. Figures de sorcières et masques alternent avec vrilles et rinceaux dans une polychromie, vraisemblablement plus vive autrefois, à base de tons verts et jaunes ponctués ça et là de touches jaunes et bleues.


Bouclier avec le visage de Méduse d'Arnold Böcklin

dim. 12 février 2012 - 16h00
Musée d'Orsay
Auditorium niveau -2

Edouard Papet, conservateur en chef, musée d'Orsay
Jean Clair, de L'Académie Française
Juliette Lévy, restauratrice, Musée du Louvre

Arnold Böcklin-Bouclier avec le visage de Méduse
Arnold Böcklin
Bouclier avec le visage de Méduse, 1897
©RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski/DR

La fascination pour l'antiquité gréco-latine qui imprégna de manière si profonde et particulière l'oeuvre du peintre suisse Arnold Böcklin trouve dans l'une des rares oeuvres en trois dimensions réalisées en collaboration, l'une de ses expressions parmi les plus saisissantes. Georg Treu, archéologue ayant fouillé le site d'Olympie, conservateur du musée de Dresde, organisa en 1885 une exposition de sculpture polychrome à la Königliche Nationalgalerie de Berlin, mêlant propositions de reconstitutions d'antiques et oeuvres contemporaines.
Böcklin réalisa à cette occasion, en collaboration avec son gendre et élève Peter Brückmann, la première version de cette oeuvre. Les couleurs sombres et saturées participent pleinement de ce courant qui se développe à partir des années 1890, offrant une vision symboliste plus sombre, moins élégiaque de l'Antiquité.