Auguste Morisot, « Le Grand Bois » ou « Clairière ensoleillée »

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dessin en feuille, Auguste Morisot, Le Grand Bois, vers 1917
Auguste Morisot
Le Grand Bois, vers 1917
Musée d'Orsay
© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Sophie Crépy
Voir la notice de l'œuvre

Auguste Morisot fut un artiste aux multiples talents, à la fois peintre, dessinateur, graveur, maître-verrier, et décorateur. Il fut surtout une figure importante de la vie artistique Lyonnaise. Bourguignon d’origine, il étudie à l’École des Beaux-Arts de Lyon entre 1880 et 1885, puis y enseigne entre 1895 et 1933. En 1886, il part au Venezuela, ayant été missionné par une expédition scientifique pour dessiner des planches de fleurs. L’expérience mystique de la lumière perçant la canopée tropicale le marque profondément : il perçoit la forêt vénézuélienne comme un lieu empreint de spiritualité, sa futaie lui évoquant des verrières gothiques filtrant le soleil. À son retour en France, Morisot se convertit au catholicisme.

 

, Morisot, Auguste
Auguste Morisot
Le Grand Bois, vers 1917
Musée d'Orsay
© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Sophie Crépy
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À partir de 1900, le motif de la forêt en tant que force spirituelle devient central dans son œuvre. Morisot développe d’abord un langage pictural singulier, alliant Symbolisme et imagerie chrétienne et filant la métaphore de la forêt comme cathédrale. Le Grand Bois traite lui aussi de la dimension divine de la forêt, mais ne fait plus référence au christianisme.
C’est une force véritablement immanente que Morisot semble vouloir représenter ici.

Le Grand Bois représente la forêt de Meyriat, au sud-est de Bourg-en-Bresse, où Morisot passa presque chaque été en famille entre 1904 et 1913. Il prend pour modèle la tradition de l’estampe japonaise au XIX siècle, avec une perspective aplatie qui nous immerge dans la forêt. C’est avec une précision d’orfèvre qu’il dessine chacun de ses éléments à l’encre noire. La lumière perçant la futaie, leitmotiv dans l’œuvre de Morisot, revient une nouvelle fois dans Le Grand Bois, sous forme de petits rehauts de gouache d’un jaune vif. Des teintes variant du jaune à l’orangé embrasent l’aquarelle, couleurs complémentaires aux dégradés lumineux allant du bleu au violet que Morisot utilise pour dépeindre l’ombre du sous-bois.
Au moment de la première guerre mondiale, Morisot finit par délaisser le motif de la forêt, non sans s’être tourné vers la poésie pour lui rendre un dernier hommage dans son texte Forêt, heure blanche.