Rosa Bonheur, "La mare aux fées à Fontainebleau"

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Rosa Bonheur, La mare aux fées à Fontainebleau
©Musée d’Orsay, dist. RMN-Grand-Palais / Patrice Schmidt

 

Rosa Bonheur a toujours vécu et travaillé au contact de la nature, sa principale source d’inspiration. Si elle se considère comme une peintre de figures - animalières principalement - elle a aussi beaucoup pratiqué le paysage, non comme une fin en soi mais dans le but d’étudier et de « représenter fidèlement la nature ». Elle l’étudie sur le terrain lors de ses voyages, notamment en Auvergne, dans le Cantal et dans les Pyrénées, dans les années 1840 et 1850, puis à partir de son installation à By, au cours d’excursions quotidiennes dans la forêt voisine dont elle connaît tous les sites.

La Mare aux fées est un site particulièrement pittoresque. Située sur le sentier des Etroitures, cette étendue d’eau jamais asséchée, entourée de bouleaux, inspira de nombreux peintres, dessinateurs et photographes. Son nom qui évoque des mythes et légendes fantastiques est d’autant plus parlant à une époque marquée par l'industrialisation et le développement de villes. Il viendrait d’une légende selon laquelle les fées auraient griffé les parois des rochers alentours. On pense également au célèbre roman de George Sand, La Mare au Diable, dont l’univers des romans dits champêtres, inspirés par la vie rurale et sylvestre, a souvent été comparé à celui de Rosa Bonheur.

 

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Rosa Bonheur, La mare aux fées à Fontainebleau © Musée d’Orsay, dist. RMN-Grand-Palais / Patrice Schmidt

 

La Mare aux fées présente la grande originalité de confronter une partie en couleurs et une en noir et blanc, comme un écho à la technique photographique. Rosa Bonheur a d'ailleurs réalisé quelques aquarelles sur photographies de la forêt de Fontainebleau, à titre expérimental probablement et non pour la vente, appliquant la couleur sur le noir et blanc utilisé comme trame.

Il n'y avait dans les collections d'Orsay qu'une aquarelle de paysage de l'artiste, un cadrage en gros plan sur le tronc d’un chêne qui avait été choisi par elle et Anna Klumpke pour être offert au musée du Luxembourg, et qui figure parmi les feuilles les plus représentatives du travail de l’artiste. Elle est très complémentaire de ce dessin qui donne un point de vue large sur le paysage.

Cette grande aquarelle éclaire cet angle peu connu de l’œuvre de Rosa Bonheur, adepte des grandes peintures animalières mais aussi des aquarelles légères, délicates, vibrantes pour tenter de capter l’atmosphère magique de la forêt.

 

En 2022 se tiendra au musée d’Orsay en partenariat avec le musée des beaux-arts de Bordeaux la première rétrospective de l’artiste à Paris depuis un siècle.