Salles post-impressionnistes

Réouverture
©Camillegharbi / Camille Gharbi

Le musée d’Orsay invite le public à redécouvrir sa collection exceptionnelle d’œuvres post-impressionnistes (Emile Bernard, Paul Sérusier, Vincent Van Gogh, Paul Gauguin, Odilon Redon notamment).
Au 5e étage du musée, neuf salles ont été complètement rénovées. Le parcours, incluant peintures, sculptures, objets, mais aussi le cinéma, a été repensé, afin de présenter, dans la continuité de la galerie impressionniste, l’extraordinaire foisonnement de la scène artistique parisienne des années 1880 à la fin du XIXe siècle.

La galerie Françoise Cachin et les nouveaux cabinets

Comptant parmi les fleurons de la collection, les œuvres post-impressionnistes sont mieux mises en valeur grâce à un parcours plus accessible et un contexte pluridisciplinaire. Cette rénovation permet d’améliorer le confort de visite mais également de renforcer le lien entre le bâtiment, son emplacement au cœur de Paris et les collections qu’il abrite.
Le visiteur peut ainsi embrasser du regard Montmartre et l’Opéra Garnier, quartiers où certains des artistes exposés ont vécu et travaillé. La rénovation de ces salles s’inscrit dans la continuité de la galerie impressionniste, elle-même réaménagée en novembre 2018, dans un souci de cohérence et de respect de la chronologie artistique. Ainsi revu, le parcours développe les différentes facettes de l’évolution des avant-gardes en France, de la naissance de l’impressionnisme à la fin des années 1860 jusqu’au post-impressionnisme des années 1890.

La galerie, présentant en particulier les œuvres de Van Gogh et de Gauguin, est désormais appelée Galerie Françoise Cachin, en hommage à la grande historienne de l’art et directrice du musée d’Orsay (1986-1994).

La période, les artistes, les œuvres

Les années 1890 se distinguent par un bouillonnement artistique et intellectuel. Avec l’impressionnisme dans les années 1870, Paris s’est affirmée comme la capitale d’un art indépendant.
A la fois en continuité et en rupture avec ce mouvement, émerge à la fin des années 1880 ce que l’on désigne commodément par le terme de "post-impressionnisme". Vincent Van Gogh arrive à Paris en 1886. Il explore très vite les possibilités expressives de la couleur.
Gauguin et une nouvelle génération de peintres (Emile Bernard, Paul Sérusier, Meijer de Haan) en affirment également la force, tout en aboutissant à une simplification radicale des formes.
Odilon Redon, figure tutélaire du symbolisme, place le rêve et la suggestion au cœur de son art.

Cette nouvelle présentation offre aux visiteurs de nombreuses surprises et découvertes, en mettant en valeur des acquisitions et restaurations récentes (Bretonnes dans la prairie d’Emile Bernard, un achat exceptionnel au printemps 2019 grâce au mécénat d’Axa, le Vase porte-bouquet de Paul Gauguin présenté pour la première fois au public), la Nature morte au lilas acquise en 2016 du Hollandais Meijer de Haan, "maître caché" qui a travaillé aux côtés de Gauguin en Bretagne ou encore les Tétraèdes de Paul Sérusier, composition rare dans l’œuvre du peintre acquise en 2018. Enfin, une restauration exceptionnelle, achevée pour cette réouverture, a redonné au Cheval blanc de Paul Gauguin ses coloris éclatants.
Ces artistes expriment la volonté commune de décloisonner les pratiques artistiques et d’abolir la hiérarchie entre les arts. Ainsi, dans ces nouvelles salles, les œuvres de Paul Gauguin sont présentées en dialogue avec ses céramiques et sculptures.

En écho aux artistes et aux thématiques jalonnant le parcours, une salle est dédiée par rotation à la photographie et aux œuvres sur papier de la collection (pastels et dessins, y compris d’architectes ou de décorateurs). A l’occasion de cette réouverture, un choix de dessins autour des Expositions universelles, en particulier celle de 1889 témoigne de l’importance de la couleur dans l’architecture de la période.

Enfin, les arts du spectacle sont représentés avec un choix de silhouettes en zinc qui étaient projetées au Cabaret du Chat noir, où des créateurs de tous horizons se sont réunis. Une dernière section dédiée aux débuts du cinéma, et à la manière dont celui-ci très tôt se représente, avec des projections d’extraits de films de James Williamson (A Big Swallow, 1901), d’Alice Guy (Le Coq dressé de Cook et Rilly, 1910) parmi d’autres, clôture l’évocation de cette fin de siècle en plein bouleversement.