Spectral Orsay. 1

Laurent Grasso
Spectral Orsay. 1
©ADAGP / Laurent Grasso

Désireux de poursuivre son ouverture à la création contemporaine et de produire des contenus numériques inédits, le musée d’Orsay invite l’artiste Laurent Grasso à prolonger l’installation de son film ARTIFICIALIS, en inventant un format conçu spécialement pour les plateformes numériques. Ce projet intitulé Spectral Orsay permet une expérience radicalement nouvelle de la nef du musée, mêlant les technologies les plus contemporaines aux mémoires de ce lieu et de sa représentation.

 

Ce projet est composé de trois films conçus par l’artiste : le premier est diffusé le 9 juillet, quelques jours avant la fin de la présentation du film ARTIFICIALIS dans la nef. Les deux autres seront diffusés fin août, un mois avant l’ouverture de l’exposition Enfin le cinéma !.
 
Spectral Orsay met en évidence le caractère profondément cinématographique du musée d’Orsay lui-même - musée dont les collections recouvrent l’époque de la naissance du cinéma, désormais intégré au parcours permanent. Tourné au moyen du scanner LIDAR, de la photogrammétrie, du drone et de l’animation virtuelle, bien loin des prémices de l’histoire du cinéma, ce projet mobilise une technologie de pointe, ouvrant un territoire nouveau mêlant le réel et le virtuel et qui permet une vision nouvelle du bâtiment et des sculptures en transparence.
 
« Spectral Orsay part de la nef du musée d’Orsay, où est actuellement présenté mon film ARTIFICIALIS, afin d’émettre une sorte de fluide qui s’anime dans le musée et en explore tous les recoins. Prolongement du film et nouveau regard sur un monument, son architecture, son intérieur et son extérieur, cette présence étrange révèle le magnétisme des figures les plus connues comme des lieux les plus cachés. » explique Laurent Grasso.
 
ARTIFICIALIS incluait déjà différents régimes d’images parmi lesquels le scanner LIDAR, mais aussi le scanner microscopique et les effets spéciaux, afin de donner à voir le monde dans sa diversité et ses transformations. Le film assemblait ces éléments hétérogènes pour le public présent physiquement dans la nef du musée. Spectral Orsay opère le mouvement inverse et donne à voir le musée d’Orsay, dans sa réalité architecturale, de gare puis de chef-d’œuvre de l’architecture postmoderne conçu par Gae Aulenti, sur des plateformes numériques. Laurent Grasso entend mobiliser ici les derniers outils scientifiques pour sonder l’énergie invisible du musée d’Orsay et offrir une exploration immersive d’un genre totalement nouveau : « De même que l’invention de la perspective a organisé le regard et la vision d’une façon nouvelle, le scanner LIDAR et l’imagerie produite par ces nouveaux outils conduisent à l’élaboration d’une nouvelle dimension, défiant les lois de la gravité et de la matière ».
 
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Laurent Grasso / ADAGP Paris, 2021

 

L’artiste offre une réflexion sur le bâtiment, partant de l’écran LED qu’il est venu insérer dans la nef , pour décomposer la présence physique du musée : celle de la nef elle-même, mais aussi de La Danse de Carpeaux, et jusqu’à l’horloge – qui apparaissait en son temps dans Le Procès d’Orson Welles. Il offre ainsi, en images animées, un nouveau portrait du lieu : un portrait à la fois cohérent avec l’histoire de l’institution, avec son propre travail sur la matière du musée et de l’histoire de l’art, et avec sa pratique mobilisant fréquemment les technologies les plus avancées. Il révèle le musée comme un espace de rêve, dont le temps semble ici accéléré et dilaté. Ce nouveau format, conçu spécifiquement pour le temps rapide et l’archivage offre donc une réponse aux interrogations que pose le développement de telles expériences numériques.

Laurent Grasso vit et travaille entre Paris et New York. Diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, de la Saint Martin’s School à Londres et de Cooper Union à New York, il a été lauréat du Prix Marcel-Duchamp en 2008 et pensionnaire de la Villa Médicis à Rome. Son travail a été présenté à l’occasion de nombreuses expositions individuelles conçues dans des dispositifs immersifs, comme actuellement au musée d’Orsay avec l’installation ARTIFICIALIS (jusqu’au 18 Juillet), au Jeonnam Museum of Art en Corée du Sud, au Centre Pompidou x West Bund Museum à Shanghaï, ou encore au Parvis de Tarbes (Midi-Pyrénées). Il est représenté par les galeries Perrotin et Sean Kelly, New York.

Galerie Perrotin