Vidéo · Génèse de Juan Jerez

Génèse
© Juan Jerez

En écho à l'accrochage « Hector Guimard et la genèse du Métropolitain  » présenté du 16 mars au 14 juillet, la vidéo Genèse plonge au cœur de cette histoire fascinante, explorant les racines et l'héritage des créations de Guimard à travers trois voyages narratifs. D'abord, un voyage dans l'esprit créatif de l’architecte, révélé à travers ses dessins préparatoires restaurés par le musée d'Orsay. Ensuite, un voyage d’aller-retour entre le musée et la ville, à travers une série d’images capturant l'évolution du paysage parisien et les traces de l’œuvre de Guimard dans le tissu urbain. Enfin, un voyage vers la modernité, à travers l’imagination et les réflexions d'un groupe de jeunes architectes inspiré par les formes organiques, la puissance et la vision audacieuse de leur prédécesseur. Juan Jerez nous présente ci-dessous ce film singulier.


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Au printemps 2023, le musée d'Orsay m'a confié la réalisation d'un film pour accompagner l'accrochage « Hector Guimard et la Genèse du Métropolitain ».

Mon intention avec ce film était d'utiliser l'histoire des entrées de métro conçues au début du XXe siècle pour explorer la « genèse » de la culture urbaine moderne et son héritage dans le Paris contemporain.

Ma première idée était de produire une série de photographies sur la présence de l'œuvre de Guimard dans le paysage urbain actuel. Parallèlement, j'ai initié un processus de documentation sur la relation que la ville entretenait avec les entrées de métro Art Nouveau. Une relation compliquée, où pendant une longue période les critiques et le mépris se sont traduits par la disparition et l'abandon d'une partie importante des stations construites. J'ai donc décidé de montrer également cette absence en photographiant le vide laissé par certaines œuvres démantelées. Cela a crée un parallèle avec les lacunes présentes dans certains des dessins exposés.

Il restait encore à trouver un fil conducteur, un axe autour duquel articuler la narration du film. Pour moi, la ville est une construction collective, fruit non seulement de la volonté et du design rationnel d'un urbaniste ou d'un pouvoir politique, mais aussi du chaos et du caractère aléatoire et imprévisible du monde organique. Une partie de cette énergie chaotique se manifestait déjà dans certaines des photos, grâce à la présence de l'humain. J'ai alors décidé de placer la ville et l'homme au centre de la narration, en essayant de créer une œuvre chorale et transversale, où le scénario n'était pas écrit à l'avance par une seule personne, mais composé de fragments de voix diverses.

À cette fin, j'ai mis en place une procédure : montrer, sans préciser leur origine, une sélection des dessins préparatoires de Guimard à un groupe de jeunes architectes, en leur posant la question : que vous évoquent ces dessins ?. Leurs réponses, souvent surprenantes et riches en références à la culture populaire, constituent la base de la structure narrative du film et contribuent à lui donner un ton poétique et métaphorique.

Je tiens à remercier l’ensemble des personnes qui ont contribué à la création du film. Les architectes Anthony Benarroche, Sarah Chayeb, Pauline Paradis, Thomas Christiaen, Eugénie Bliah, Doriane Debert, Amélie Gressier, Giulia Castaldi, Nataly Tello, Ilaria Giorgi, Nastasia Thiriet, Ary D’Oria, Jean-François Dary Colonna et Jean-Malo Le Clerc. Les commissaires Clémence Raynaud et Claire Guitton. Merci aussi à Beatrice Fena pour sa manière si élégante de manipuler les dessins et à Ada Loueih pour ses précieux conseils. Un grand merci à Anat Meruk et Nina Guyader. Et merci aussi à ma femme, Laura Cattabianchi, pour éclairer mes jours.

Paris, mars 2024

Juan Jerez