Jean-Baptiste Carpeaux, "Masque d'Anna Foucart"

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Jean-Baptiste Carpeaux, Masque d'Anna Foucart   ©Musée d'Orsay distrib. RMN / Patrice Schmidt
Jean-Baptiste Carpeaux, Masque d'Anna Foucart
musée d'Orsay, distrib. RMN / Patrice Schmidt

 

 

Jean-Baptiste Carpeaux naquit en 1827 dans une famille modeste de Valenciennes. Il s’installe avec sa famille à Paris en 1838 et suit les cours de la Petite École, école royale gratuite de dessin, il y rencontre son futur ami Foucart. En 1844, il réussit le concours d’entrée de l’École royale des Beaux-Arts.

En septembre 1854, il obtient enfin le Prix de Rome avec Hector implorant les dieux en faveur de son fils Astyanax. Il arrive à Rome avec un an de retard en 1856 et se concentre sur le Jeune pêcheur, qui lui vaut nombre de compliments. Assez vite son imagination se fixe sur le groupe d’Ugolin, qu’il réalise contre l’avis de l’académie.

 

En juin 1860, Carpeaux quitte Rome et retourne à Valenciennes, où il effectue un bref séjour chez Foucart. Il est particulièrement attaché à Anna, l’aînée des quatre enfants, alors âgée de seize ans.
Dans cette maison amie où une pièce a été aménagée pour lui en atelier, le sculpteur modèle le portrait en quelques joyeuses séances de pose : le buste, éclatant de vie, est l’un des ses premiers chefs-d’œuvre dans ce genre du portrait.

, Carpeaux, Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Carpeaux, Masque d'Anna Foucart ©Musée d'Orsay distrib. RMN / Patrice Schmidt

La découpe serrée, trapézoïdale, les yeux profondément incisés, les pupilles animées et l’iris profondément creusé, le sourire large aux dents nettement visibles, sont d’un profond naturalisme. Le beau visage souriant d’Anna Foucart va en effet irriguer, plus ou moins directement, tout l’œuvre du sculpteur, devenant, légèrement modifié, celui de Flore pour le décor du Louvre.

 

Paul Foucart fut le premier à relater en 1879 la genèse accidentelle d’un masque de Flore/Anna Foucart : « Lorsque on moula sur la terre le bas-relief de Flore destiné aux Tuileries, je me trouvais dans l’atelier faubourg Saint-Honoré. Ce masque de la déesse étant par hasard sorti intact du moule, Carpeaux m’en fit cadeau ; je le fis cuire plus tard. » D’une fraîcheur intense, ce beau fragment, isolé avec soin, restitue l’art de Carpeaux dans ce qu’il a de plus spontané.

 

L’œuvre était la possession du général Wahl, mort en 1930. Sa deuxième épouse, Jeanne Sée, était la sœur d'Armand Sée, décédé en 1913, grand-père paternel de Pierre Sée. Nous ne saurions que remercier très vivement ce dernier de son idée de don au musée d’Orsay : grâce à lui et à sa famille, une œuvre majeure de Carpeaux vient rejoindre le fonds, déjà riche, du musée.