Musée d'Orsay: Sade. Attaquer le soleil

Sade. Attaquer le soleil

Catalogues d'exposition
Annie Le Brun
Musée d'Orsay / Gallimard - 2014
relié - 252 x 315 mm - 336 p. - 300 ill.
ISBN : 978 - 2 - 070146826
Français
45 € - disponible

"Combien de fois, sacredieu, n'ai-je pas désiré qu'on pût attaquer le soleil, en priver l'univers, ou s'en servir pour embraser le monde ?"
Les Cent vingt journées de Sodome, 1785

"Cet homme qui parut ne compter pour rien durant tout le XIXe siècle pourrait bien dominer le XXe", écrivait Guillaume Apollinaire dans son Introduction à l'oeuvre du marquis de Sade, en 1909. Il s'est d'autant moins trompé que cette oeuvre a d'abord fortement induit une part de la sensibilité du XIXe siècle, même si le personnage et ses idées y furent tenus pour maudits.
Si leurs impacts sur la littérature sont incontestables, de Baudelaire à Huysmans, en passant par Flaubert ou Swinburne..., avant qu'Apollinaire n'en reconnaisse l'importance décisive, la force de cette pensée est aussi d'avoir rencontré, révélé, sinon aggravé ce qui agite alors en profondeur l'expression plastique, concernant autant l'inscription du désir que son pouvoir de métamorphose.
Suggérer cette révolution sensible est le propos de cet ouvrage, c'est-à-dire comment le XIXe siècle s'est fait le conducteur tourmenté d'une pensée qui, menant à découvrir l'imaginaire du corps, va peu à peu révéler le désir comme grand inventeur de formes.
Révolution sensible dont le propre aura été de prendre en compte les plus divers chemins empruntés par le désir, traversant les époques et mélangeant les registres. A considérer cette diversité, on mesurera combien Sade, du plus profond de sa révolte, disant ce qu'on ne veut pas voir, aura incité à montrer ce qu'on ne peut pas dire. Ainsi, tel un nouveau défi, c'est la question de l'irreprésentable qu'il nous pose, en la liant à la liberté de "tout dire" comme à la liberté de chacun.



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